Mon accouchement

Ça fait un moment que j’ai envie de raconter mon accouchement, et là je suis tombée sur ce billet où une femme enceinte demandait de belles histoires d’accouchement… Alors voici la mienne! Désolée, je ne sais pas faire court… Et c’est trop une expérience importante pour tourner les coins ronds!

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Avant d’avoir une accompagnante, il faut savoir que l’idée même de l’accouchement me terrorisait! C’était mon premier enfant, et je ne savais pas à quoi m’attendre… Et comme j’ai toujours eu des menstruations très douloureuses, j’ai présumé que j’aurais davantage de douleur que la moyenne… Finalement, ça n’a pas été le cas! Et c’est grâce à Valéry, ma merveilleuse accompagnante!

Alors voilà, le mardi 12 juin, j’ai commencé à avoir des contractions irrégulières vers 20 h, mais je ne m’en suis pas trop préoccupée parce que j’en avais eu la veille, sans que ça aille plus loin. Vers minuit et demi, je me suis réveillée avec des contractions plus douloureuses. Après vérification sur mon app qui servait à consigner les contractions, elles étaient assez régulières (aux cinq minutes environ). J’ai attendu à la maison jusqu’à 4 h du matin, pour être certaine que c’était bien ça (j’ai même pris un bain, chose que je détestais faire dans mon minuscule bain à la maison!), puis je suis allée à l’hôpital. Vers 4 h du matin, les contractions étaient aux trois minutes. On aurait probablement pu attendre un peu plus longtemps à la maison, mais comme nous habitions à Longueuil et que l’hôpital où je voulais accoucher était à LaSalle, on est partis bien avant que les gens commencent à partir pour le travail afin d’éviter TOUTE possibilité de trafic. Le trajet a pris plus de 30 minutes (ça m’a semblé une éteeeernité!), et j’ai trouvé les contractions BEAUCOUP plus douloureuses dans la voiture!

Arrivée à l’hôpital, j’ai appris que la dilatation n’était pas encore très avancée… Déception! J’ai appelé Valéry pour lui donner un aperçu de la situation. Étant donné les circonstances, on avait toutes les deux l’impression qu’ils me renverraient chez moi, alors Valéry m’a dit de la rappeler s’il y avait des développements. À l’hôpital, on m’a donné accès à un bain tourbillon, mais ça ne m’aidait pas vraiment : j’étais tellement inconfortable dedans! (Ça aussi ça m’a déçue : je m’attendais tellement à ce que ça m’aide!) Alors j’ai dû attendre dans une petite salle d’attente avec des murs en rideaux de papier jusqu’à 9 h du matin… Les jokes que le concierge contait à ses collègues à deux pouces du lit où j’étais (mal) installée n’étaient pas très appréciées, pas plus que les travaux d’aménagement qui faisaient trembler l’immeuble au complet! Mais j’ai beaucoup apprécié que mon chum me tienne à presque chaque contraction : ça aidait beaucoup à passer à travers la douleur! (Un mois auparavant, on avait fait un cours de Ballon Forme, ce qui nous a beaucoup aidés, même si on n’avait pas encore de ballon dans la salle d’attente! Au sujet du Ballon Forme : Ne vous arrêtez pas au look de la madame sur le livre, ce n’est pas représentatif du cours!) Et j’étais suivie par une étudiante sage-femme qui était super sympathique et douce : ça m’a aidée à garder un esprit zen… Vers 8 h, ma médecin est venue me voir pour me dire avec son sourire de métal (broches) et son air d’ado de 15 ans que c’était elle qui allait m’accoucher… Maudite marde! Il faut savoir que j’ai détesté la médecin qui m’a suivie pour la grossesse : elle me faisait toujours sentir comme si j’étais une épaisse! Mais comme j’avais 1 « chance » sur 10 que ce soit elle qui m’accouche, j’ai continué le suivi avec elle en espérant qu’elle ne soit pas là à mon accouchement… Mauvaise idée! J’aurais dû suivre la suggestion de mon accompagnante, qui m’avait parlé de la possibilité de changer de médecin…

À 9 h, le travail était définitivement avancé, alors j’ai enfin eu ma chambre à moi! J’ai eu le temps d’appeler Valéry et elle est arrivée quelques minutes avant que j’aie accès à ma chambre (à LaSalle, toutes les parturientes ont leur propre chambre, et ce, pendant toute la durée de leur séjour). On a essayé le gros ballon (Ballon Forme), des massages, la bouillotte, et retour dans un bain tourbillon (toujours aussi peu confortable). J’ai mis ma musique, et je me rappelle avoir dansé un peu! C’était somme toute assez agréable pour que je danse! Pas si mal… Après être sortie du bain, je n’ai pas beaucoup de souvenirs précis. D’ailleurs, je peux dire que pendant presque tout l’accouchement, avant la poussée, les endorphines ont bien fait leur travail! Je faisais une espèce de son grave avec ma gorge (un peu comme font certains moines tibétains). Mon accompagnante, voyant que ça m’aidait beaucoup, m’encourageait à faire ce son le plus longtemps possible en faisant la même chose que moi… et mon chum suivait aussi! On avait l’air d’une belle gang de fous, mais ça m’a vraiment BEAUCOUP aidée!

Vers 13h15, je commençais à faiblir parce que je n’avais pas mangé depuis la soirée précédente : j’étais un peu trop blême et amorphe! Mais j’avais trop mal au cœur à ce moment-là pour manger. Mon chum m’a demandé si ce ne serait pas mieux que je prenne la péridurale finalement. (Pauvre petit, il s’inquiétait pour moi : j’avais vraiment mauvaise mine et il avait beaucoup de mal à me voir souffrir comme ça.) J’ai hésité un moment, puis j’ai dit que si le travail n’avançait pas dans la prochaine heure, je la prendrais probablement. J’ai essayé de manger des cachous et des morceaux d’ananas, mais ça me donnait mal au cœur… Je sentais que ça poussait un peu dans les fesses, alors je me suis placée de côté (sur mon côté gauche) avec une patte dans les airs. Étrangement, j’étais bien comme ça.

Vers 14 h, une infirmière a vérifié la dilatation et a constaté que j’étais rendue à 8 cm! (Je ne m’en rappelle pas, mais mon chum m’a dit qu’à ce moment-là, plein de monde sont soudainement entrés dans la salle avec de l’équipement et se sont activés, et il s’est dit « OK, c’est maintenant que ça se passe! ») Et c’est là que ma doc au sourire de métal est revenue… Et elle m’a ordonné de me mettre sur le dos! J’ai sursauté et puis j’ai dit que je me sentais bien comme ça, mais elle a réitéré son ordre comme si on était dans l’armée… Mon accompagnante a protesté, mais ma doc me tirait déjà sur la jambe pour me faire tourner. Je remercie mon accompagnante d’avoir été ma voix dans une période où j’étais aussi vulnérable! J’ai eu l’impression que j’avais quelqu’un de mon bord; ça m’a fait du bien. Je me suis quand même tournée, avec réticence… Je croyais qu’on n’obligeait plus les femmes à accoucher sur le dos, que cette époque était révolue… Ma doc nous a ignorées et elle a donné d’autres ordres aux infirmières.

Ensuite, ça m’a pris un bon bout de temps avant de comprendre comment pousser! Je continuais à subir les contractions comme je le faisais depuis si longtemps, et je n’arrivais pas à pousser comme on me le demandait! Suivre des instructions, pendant une période aussi intense… Quand j’ai finalement compris ce qu’on me demandait de faire, le personnel médical a vu le bout de la tête plusieurs fois avant qu’il y ait du progrès. Pendant tout ce temps-là, ma doc parlait au cellulaire et regardait sa pagette… À la 15e fois où j’ai entendu qu’on « voyait le bout de la tête », je ne les croyais plus du tout! Je me disais « Ouains ouains, c’est ça… Me semble! ». C’est à peu près là que ma doc a décidé de me faire un « massage » du périnée… Et quand je dis « massage », j’utilise le mot qu’elle a utilisé parce que moi je dirais plutôt qu’elle a planté son doigt où ça faisait mal et qu’elle a étiré de la façon la plus raide possible jusqu’à ce que je lui hurle d’arrêter de me torturer! Même mon accompagnante et les infirmières avaient l’air de trouver qu’elle y allait fort! Ensuite, j’ai poussé et poussé et poussé, et ça a fait TELLEMENT mal, mais j’ai finalement accouché de ma magnifique petite Poupinette, à 14 h 49… Quand ils l’ont mise sur moi, j’étais comme hypnotisée! Et c’est là que j’ai commencé à découvrir l’amour parental… On a commencé à s’apprivoiser! C’était doux et intense à la fois… Totalement indescriptible!

Finalement, malgré ma doc que j’ai détestée, ça a vraiment été un bel accouchement! Je me trouve chanceuse d’avoir eu une expérience aussi positive, malgré tout. 🙂

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Encore – 2/2

Voici la suite de mon billet sur la dépression. Je comprends tout à fait que ce n’est pas un sujet très attirant pour la plupart des gens, mais j’espère quand même que ces billets pourront servir à quelqu’un qui se pose ce genre de question.

1- Comment savoir si je fais une dépression post-partum? Ooooh toute une question! Mais je comprends tellement les femmes (et les hommes!) qui me la posent : c’est extrêmement difficile à évaluer. J’en avais déjà parlé ici. Personnellement, j’ai trouvé la vie avec un nouveau-né assez brutale. Le manque de sommeil écrasant, les cris presque constants, l’impression de n’avoir absolument aucune idée de ce que je fais alors que j’ai une vie humaine à ma charge, le tourbillon du quotidien, les besoins énormes du bébé (boire à toutes les heures, anyone?), le corps de la femme qui essaie de se rétablir de l’accouchement, et j’en passe… Tout ça pour dire que j’ai trouvé ça… brutal, c’est le seul mot qui me vient. (Ceci dit, il y a des parents qui vivent ça de façon beaucoup plus facile, et la plupart des parents trouvent ça intense, mais pas brutal, et c’est tant mieux!) Étant donné que c’est une période, disons, très intense, c’est donc vraiment difficile, à ce moment-là, de savoir si on est vraiment « anormal/e », parce qu’on est en plein processus d’adaptation à sa nouvelle vie (et même pour les mamans de plus d’un enfant, j’imagine qu’il y a une adaptation!). Je n’ai malheureusement pas de réponse one-size-fits-all à cette réponse… je n’ai probablement même pas de réponse tout court à cette question! Ça dépend vraiment de la personne. J’ai l’impression que le fait d’écrire comment on se sent chaque jour et de consigner tous les moments difficiles par écrit pendant une période déterminée pourrait aider à avoir une idée plus globale de son propre état. Plusieurs sources indiquent que si les symptômes durent plus de deux semaines (ici et ici), il est recommandé de consulter un professionnel de la santé : un/e psychologue, un/e travailleur/se social/e, un/e psychiatre (si possible! pas facile à trouver…) et/ou un médecin. Ça ne veut pas dire que vous faites nécessairement une dépression si ça dure plus de deux semaines. Mais si vous en faites une, c’est vraiment mieux que vous ayez un suivi professionnel rapidement, alors mieux vaut documenter votre état, pour avoir une vue d’ensemble de la chose, autant que possible.

2- Est-ce que c’est possible de faire une dépression pendant la grossesse? Oui! C’est ce que j’ai fait : une dépression périnatale. Ma dépression a commencé vers mon septième mois de grossesse, mais elle n’a été diagnostiquée qu’au quatrième mois post-partum. Malheureusement, historiquement, les médecins ont longtemps cru que ce n’était pas possible de faire une dépression pendant la grossesse… Et cette croyance est encore assez bien ancrée! Le fameux « toute femme enceinte est heureuse car elle donne la vie » est souvent sous-entendu. C’est faux. En fait, « [v]ers la fin des années 70 et au cours des années 80, les chercheurs ont découvert que bon nombre des femmes dépressives après la naissance de leur enfant l’étaient également pendant leur grossesse. » Si la déprime, la tristesse ou l’anxiété prend beaucoup de place pendant votre grossesse, parlez-en au médecin qui fait votre suivi. Il est censé s’occuper de votre santé de façon globale, ce qui comprend aussi votre santé mentale! Et n’hésitez pas à changer de médecin si vous n’obtenez pas de réponses ou que vous n’êtes pas satisfaite. En comparaison avec les médecins de famille, c’est plus facile de trouver un médecin qui fait des suivis de grossesse (j’aurais aimé savoir ça avant!).

3- Mais je ne fais probablement pas une dépression, vu que je ne pleure pas sans arrêt et que j’aime mon bébé? La dépression a de multiples visages. Moi, ce n’est pas la tristesse ou la déprime qui m’a frappée le plus souvent pendant ma dépression, c’est la rage. J’étais constamment enragée, et je n’arrivais pas à me contrôler. C’est comme si toutes mes émotions ne passaient plus que par un canal : la colère. Et je ne l’aurais pas admis, mais j’étais aussi extrêmement anxieuse. Ça, c’est MON histoire. C’est juste pour illustrer que le stéréotype de la femme prostrée, il n’est pas faux, mais si tu ne te reconnais pas dans ce portrait, ça ne veut pas nécessairement dire que tu ne fais pas une dépression. Comme disait une amie, les comportements qui s’écartent beaucoup de ce que vous êtes habituellement peuvent dénoter une dépression (ou un autre problème de santé mentale). Pour ce qui est d’aimer son bébé, ça n’a rien à voir avec l’amour qu’on porte à notre enfant. Ce n’est pas parce qu’on fait une dépression qu’on aime moins son enfant (ou ses enfants). Il peut y avoir un certain détachement, une perte d’intérêt, des difficultés d’attachement, des sentiments qui prennent beaucoup de place… Mais l’amour est toujours là. Il faut vous remettre sur pied pour être en mesure d’exprimer tout l’amour que vous portez à votre ou à vos enfants. C’est primordial.

Prenez soin de vous, les femmes…. Et les hommes aussi. Oui, c’est possible pour un homme de faire une dépression post-partum.

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Encore – 1/2

Tout d’abord, je tiens à préciser que ce billet est le premier de deux billets dans lesquels j’aborderai ENCORE la dépression. Désolée pour les personnes qui sont tannées d’en entendre parler, mais c’est un sujet qui m’obsède, et comme j’en parle beaucoup et que c’est un peu tabou, je reçois souvent des questions à ce sujet. J’ai décidé d’écrire brièvement sur les questions que j’ai reçues et sur les renseignements que je dois souvent clarifier. Je comprends tout à fait que ce n’est pas un sujet très attirant pour la plupart des gens (euphémiiiisme! on dirait presque que certaines personnes croient que c’est contagieux…), mais j’espère quand même que ces billets pourront servir à quelqu’un qui se pose ce genre de question ou qui se fait asséner ce genre de commentaire.

1- Quand on fait une dépression, on n’a qu’à prendre des médicaments, et hop, le tour est joué! Ce serait le fun que ce soit aussi simple, hein? Moi aussi, j’aimerais ça. Mais non, en général, la solution ne se limite pas à des médicaments. Dans mon cas, les antidépresseurs, ils prenaient six semaines à faire effet. Après six semaines, je ne me sentais pas mieux : il a fallu augmenter la dose. Une autre attente de six semaines. Finalement, il a fallu changer de médicament. Ça a été interminable, et quand t’es en train de dégringoler, chaque heure est douloureuse. Si je n’avais pas eu ma psychologue et mon entourage, je n’aurais pas survécu. Et oui, les médicaments m’ont beaucoup aidée (je tiens à le souligner, parce que l’idée, ce n’est pas de vous faire peur!), mais ils n’ont pas réglé le problème en tant que tel. Ils m’ont permis de me relever, mais ils ne m’ont pas empêchée de retomber. Et le corps s’habitue aux antidépresseurs, alors il y a des rechutes. J’ai travaillé pas mal fort sur moi-même pour essayer de comprendre ce qui m’était arrivé et m’assurer que je ne retomberais pas dans mes patterns. Je ne sais pas si j’ai réussi. Ça, seul l’avenir le dira, mais j’essaie de m’améliorer. Fort.

2- L’allaitement réduit les risques de dépression. Aaaah l’allaitement. Un autre sujet délicat. Je dirais que si ton expérience d’allaitement va (relativement) bien, oui, il y a des chances que tu aies une protection supplémentaire contre la dépression. Ça ne veut pas dire que tu es assurée de ne pas en faire une, par contre! Selon moi, le problème avec cette affirmation, c’est que bien des femmes ont des difficultés avec l’allaitement. Et les femmes qui veulent allaiter mais n’y arrivent pas ont droit au double de risques de faire une dépression. Tout ça, ça ne veut pas dire qu’il faut ou qu’il ne faut pas allaiter. Ça veut surtout dire qu’il faut s’occuper des femmes qui ont essayé d’allaiter, mais qui n’ont pas pu. Si vous en connaissez une et qu’elle semble vouloir en parler, je vous invite à lui demander de vous raconter son histoire. Ça pourrait lui faire du bien.

3- Tu as un beau petit bébé en santé, un chum présent, un congé de maternité d’un an, etc. : profites-en! Cette phrase part d’une incompréhension de ce que c’est, la dépression. Et dans le fond, c’est un peu normal, l’incompréhension : tant que tu ne l’as pas vécue, la dépression, c’est vraiment difficile à comprendre. (Et même quand tu l’as vécue, ça ne veut pas dire que tu vas comprendre toutes les situations d’autrui!) Personnellement, j’avais une situation considérée comme idéale par plusieurs (de mon point de vue, pas nécessairement idéale, mais très avantageuse, certainement). Je n’avais « pas de raison » de faire une dépression. Mais c’est ça l’affaire, avec la dépression : il n’y a pas réellement de raison d’en faire une. Ce ne sont pas des émotions « motivées » par une raison  circonstancielle (deuil, séparation, maladie, difficultés financières, trop de travail, etc.), tel qu’on le voit habituellement. C’est ton cerveau qui se détraque. Attention : je ne veux pas dire par là qu’il n’y a pas de problèmes sous-jacents à régler! Par exemple, dans mon cas, il y a une estime de soi à remonter et une meilleure image de moi comme mère à construire, parmi mes multiples problèmes à régler. Mais à la base, la dépression, ça ne se guérit pas à coup de « Je suis tellement chanceuse ». Un des problèmes avec cette maladie, c’est justement qu’on pourrait avoir une situation parfaite, et qu’on ne serait même pas capable d’en profiter! Ce n’est pas la même chose que la « déprime ordinaire » que tout le monde connaît, même si ça peut y ressembler beaucoup. La dépression, c’est une maladie bien réelle, assez difficile à diagnostiquer (selon moi!) et qui fait des ravages. En premier lieu, l’écoute et l’indulgence sont de mise. Si vous ne vous sentez pas à l’aise d’écouter, ce n’est pas grave, mais de grâce, évitez de sous-entendre que la personne n’a qu’à se reprendre en main. Oui, ça se peut que la personne ait effectivement à se « reprendre en main », mais c’est une des choses les plus difficiles qu’elle aura à faire, alors ça n’avance à rien de prétendre que c’est facile. Ce n’est pas aussi simple que pour une déprime passagère. La personne a besoin de soutien. Lui rappeler les éléments positifs de sa vie peut être une bonne idée, mais selon moi, l’écoute devrait passer avant. Et le soutien par de l’aide concrète peut être une excellente idée aussi.

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Citations – L’album multicolore

La première fois que j’ai eu envie de lire L’album multicolore, de Louise Dupré, c’était en écoutant une conversation avec l’auteure sur le sujet de la mère. Mais c’est vraiment les citations sélectionnées que j’ai découvertes sur le blogue Le marcassin envolé (ici et ici) qui m’ont donné envie de lire ce livre. Comme la mère de l’auteure est le sujet principal de ce livre, la maternité est un sujet qui revient souvent. J’ai envie de partager avec vous des citations que j’ai aimées. Il faut savoir que c’est un livre où l’auteure explore le deuil de sa propre mère, d’une façon tellement personnelle et universelle… Et avec une écriture simple et touchante. J’ai adoré!

« Elle s’assoit dans le lit, au milieu de nous. Nous sentons le savon parfumé, les draps séchés au soleil, les pyjamas propres. C’est samedi, le soir du bain. Elle a fait chauffer le poêle à bois, pour avoir de l’eau bien chaude, et elle nous a lavés à tour de rôle dans la baignoire. Nous serons propres pour la messe du dimanche. À la maison, il y a des jours pour chacune des activités. Le lundi, c’est le lavage; le mardi, le repassage; le mercredi et le jeudi, la couture et, quand c’est nécessaire, les courses. Le vendredi, après le marché, c’est le ménage. Le samedi, tout le monde prend son bain. Et le dimanche, après la messe, ma mère fait seulement la cuisine. Mais, tous les soirs, elle nous lit une histoire. »

« Toute souriante, elle m’apporte le nouveau catalogue d’Eaton, celui du printemps. Le facteur vient de le livrer. Ce soir, en prenant son thé, elle va le feuilleter, puis noter les idées pour les vêtements qu’elle nous confectionnera. […] Moi, je vais passer des heures à regarder chaque page. Je trouve les femmes belles, bien habillées, bien coiffées. Les tables sont toujours parfaites, aucune tache sur les nappes, aucune assiette dépareillée. Et les canapés sont à la mode. Plus tard, moi aussi j’aurai une maison comme celles-là. Et un mari aussi élégant qu’un mannequin. Et des enfants propres, même après avoir joué dehors toute la journée.

Ma mère, elle, ne rêve plus, elle se contente de la vie qu’elle a, les verres de lait répandus, le tablier avec des traces de sauce, la vieille vaisselle, nos pantalons tachés d’herbe et de boue le soir. Elle ne nous dispute pas, elle répète souvent une phrase que disait mon grand-père, On ne peut pas accrocher les enfants sur les murs. Quand même, moi j’ai de l’ambition, j’essaierai de faire mieux qu’elle, c’est si beau dans le catalogue d’Eaton. C’est comme à la télévision dans Papa a raison. »

(Petite note personnelle : Je me reconnais beaucoup là-dedans. Moi aussi, j’ai dans la tête cette mère parfaite avec une maison parfaite, cet idéal que je ne peux pas atteindre parce qu’il n’existe pas.)

« […] il est plus facile de s’habituer aux médias sociaux que de transformer le rapport mère-fille. »

« Octavie, la mère de mon grand-père, avait eu dix-sept enfants en seize ans. Sans aucun couple de jumeaux. Quand le curé avait demandé à mon arrière-grand-mère si elle avait eu peur de la mort, au moment des derniers sacrements, elle avait répondu, La mort, Monsieur le curé, je l’ai vue dix-sept fois. Ma mère disait d’un ton pensif, Les accouchements à l’époque, tu sais. Pas d’échographies, pas d’épidurale, aucun soulagement. Et beaucoup d’enfants n’atteindraient pas les six ans.

[…]

Tu accoucheras dans la douleur, répétait le curé en chaire le dimanche, de la même voix qu’il disait, Tu ne tueras pas. Les hommes devaient être terrifiés par la souffrance des parturientes pour en arriver à attribuer un tel commandement à leur Dieu. Il fallait que ce soit une punition. »

« « Pleurer sa mère, c’est pleurer son enfance », écrit Albert Cohen. »

« Blesser ma mère, voilà justement ce que je ne voulais pas. Sa mort serait une libération pour moi, je l’ai pensé. À tort. Même morte, elle reste ma mère, elle sera ma mère pour l’éternité. »

« Si nous devions la décrire à tour de rôle, nous en ferions tous des portraits différents. Mes frères et moi, nous venons du même ventre, mais nous n’avons pas la même mère. Une seule femme en trois personnes, c’est le mystère de la maternité. »

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Citation – Il n’y a pas de parent parfait

Je viens de terminer la lecture du livre Il n’y a pas de parent parfait, d’Isabelle Filliozat. Je ne vous le recommande pas nécessairement, parce que je trouve qu’il s’applique beaucoup à la réalité de la France et que je ne suis pas nécessairement d’accord avec tout ce que l’auteure préconise. Mais je tenais quand même à partager une citation de ce livre qui m’a fait du bien. Elle aborde le thème de la culpabilité, dont j’ai déjà parlé ici et ici. Je trouve que c’est un sujet important, car ce sentiment semble paralyser bien des mères, moi y compris!

« Pour ne plus culpabiliser[…]

Nous l’avons vu, le sentiment de culpabilité nous centre sur nous-même et nous empêche souvent de résoudre les problèmes. Il est un frein à la relation et un poids inutile sur nos épaules. De deux choses l’une, soit nous sommes coupable, auquel cas, il s’agit de prendre nos responsabilités et de réparer, soit nous ne le sommes pas, le sentiment de culpabilité est donc malvenu.

On peut éprouver un sentiment de culpabilité par rapport à un acte que nous avons posé ou une conséquence sur autrui d’une de nos attitudes. En revanche, quand le sentiment de culpabilité est global « Je suis une mauvaise mère, j’ai tout raté », il ne parle pas de la relation à l’enfant, mais d’un jugement qui nous vient plus probablement de notre propre enfance. […]

Par rapport à un acte, une conséquence, vérifions honnêtement la réalité de notre culpabilité. En effet, la plupart du temps, nous avons tendance à éprouver des sentiments de culpabilité dans des situations sur lesquelles nous n’avons aucun pouvoir. C’est souvent ce manque de pouvoir même qui déclenche abusivement le sentiment de culpabilité. La victime se sent souvent coupable au contraire du vrai coupable.

Le sentiment de culpabilité nous retient de blesser autrui et en ce sens il est utile et constructif. Il ne s’agit donc pas de le gommer totalement. Nous nous attaquons ici au sentiment purement destructif de l’image de soi et des relations.

  • A) Je suis réellement totalement responsable
  • B) Je suis partiellement responsable
  • C) Je ne suis pas responsable du tout

Selon ce que j’ai coché :

A) J’accueille, voire je favorise et j’écoute la colère de mon enfant, puis je répare.

B) Je fais la part des responsabilités, j’assume toute la mienne et rien que la mienne. Je ne protège pas l’autre parent ou qui que ce soit. Se sentir coupable est parfois une manière de porter à la place de quelqu’un d’autre…

C) J’identifie la perte ou la blessure subie, l’humiliation ou la frustration de mes besoins. Dans cette situation, je ne suis pas sujet, je ne suis pas décisionnaire… Je reconnais mon sentiment de culpabilité comme un retournement contre moi de ma frustration. C’est une tentative inconsciente pour me sentir au contrôle. J’accepte mon sentiment d’impuissance. J’ose sentir les émotions que je réprimais.

Les sentiments de culpabilité éprouvés excessivement sont un bon indice de présence d’émotions de peur, terreur, colère, rage, dégoût… encore refoulées en soi. Au fur et à mesure du travail sur soi et des progrès dans la conscience de soi, ils diminuent au profit de la responsabilité et du sentiment d’avoir du pouvoir sur sa propre vie. »

Je ne suis pas certaine que ses trois options s’appliquent à tout dans la vie, mais je trouve que c’est très utile quand même!

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Le strict miminum

Je continue à réfléchir sur les concepts de « bonne mère » et de « mauvaise mère » (ici et ici)… Je crois que je sais maintenant pourquoi je ne lis jamais de livres sur le sujet de la maternité en général… (J’ai fait une exception pour La première fois que…!) J’ai bien trop peur de me retrouver dans la définition de « mauvaise mère »! Je sais bien que sur le long terme, le déni, ça n’aide personne, mais… des fois c’est trop dur de se regarder en face.
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Quand je pense à mes responsabilités, je me dis que je ne peux pas être responsable de tout, tout le temps. Oui, ma fille n’a pas demandé à venir au monde et elle est extrêmement vulnérable, ça c’est indéniable, et je me le rappelle tous les jours. C’est une énorme responsabilité être parent, je le savais avant de concevoir. Mais on ne peut pas me tenir responsable de TOUT. Il y a des choses qui sont complètement hors de mon contrôle. Je suis un être humain. Je ne suis pas un dieu, encore moins une déesse. Je continue à apprendre à mesure que ma fille grandit et change. Je fais du mieux que je peux.
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Alors voilà, j’ai décidé de faire une liste du strict minimum que je devrais faire pour ne pas tomber dans la catégorie de « mauvais parent » (le pendant inclusif de « mauvaise mère », quoique je doute que les hommes aient envie de se retrouver dans cette catégorie!). Note à moi-même : Cette liste est loin d’être exhaustive : je l’écris simplement pour me rappeler que souvent, quand je trouve que je suis horrible, il y a des extrêmes que je ne franchis pas. Des fois, à force de toujours se faire dire qu’on fait toutte tout croche comme parent, on peut en venir à ne plus rien faire, ou encore à faire TOUT à l’opposé de ce que la norme sociale dicte (sans même y penser).
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J’aime mieux me ramener au neutre, pour ensuite être en mesure de recommencer à essayer de m’améliorer. Bon, ça c’est comment je me sens aujourd’hui, en 2014, avec UNE fille de deux ans. Je vais sûrement changer d’avis plus tard, selon les circonstances et avec l’expérience. Voici quand même ma liste.
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Le STRICT minimum, pour moi, en ce moment, c’est :
  • Alimentation – Si je n’empoisonne pas mon enfant et qu’il n’a pas de carences graves, ça va.
  • Période de jeu – Si je joue avec mon enfant pendant 20 minutes dans la journée, ça va. (Je commence petit! S’il y a une journée où ce n’est pas possible, je fais au moins le double la période de jeu le lendemain.)
  • Expression de l’amour – Si je lui dit que je l’aime une fois par jour, ça va. (Il y a des journées plus difficiles où il n’y a pas vraiment d’occasion de le faire. Pour ces journées-là, je peux lui dire que je l’aime pendant son sommeil. C’est beaucoup moins efficace comme communication, mais pour ces journées-là, c’est mieux que rien.)
  • Milieu de vie – Si mon enfant a au moins une surface propre où dormir et une pour manger, ça va.
Ça, c’est le strict minimum. Le but, c’est d’aspirer à mieux, tout en m’assurant de lui offrir au moins le strict minimum.
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Je peux imaginer que ma liste choque certaines personnes. Elle me sert surtout à conserver ma santé mentale, dans le but de devenir une meilleure mère pour ma fille. Vous en pensez quoi?
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Fonder une famille – réflexion

Alors voilà, je n’ai plus de grands-parents. Ma grand-mère s’est éteinte il y a une semaine. C’est un deuil à faire, et cela m’a replongée dans certaines réflexions que j’avais amorcées il y a un moment.

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Adieu Grand-Maman (titre non officiel), par Marianne Houle

Quand ma fille est née et que je me suis retrouvée au fond du précipice de la dépression, j’ai exploré quelques pistes. Je me suis rendu compte que pendant ma grossesse, et même avant, je n’ai jamais pris le temps de rêver ma maternité, ni même essayé de l’imaginer. J’étais toujours angoissée par tout plein de possibilités négatives, comme la possibilité que je sois infertile quand on essayait de concevoir (ça a pris 20 mois), ou la possibilité de faire une fausse couche, ou encore la possibilité que mon enfant naisse avec un bras dans le front…! J’exagère, mais c’est pour illustrer le fait que mon imagination créait toutes sortes de « probabilités » futures, que je transformais rapidement en angoisses (peu importe le degré de réalisme de ces fruits de mon imagination).

Mon exploration m’a menée à m’intéresser à un atelier nommé Reflet des générations, qui est offert par l’organisme communautaire Entre-mamans, situé dans Hochelaga. Au cours de cet atelier, nous (les participantes) avons parlé de notre environnement familial, de comment ça se passait dans notre famille immédiate quand nous étions petites, de nos relations avec les membres de nos familles éloignées… Nous avons même fait des génogrammes de nos familles! Un génogramme, c’est comme un petit arbre généalogique, mais qui indique les liens affectifs et psychologiques entre les différents membres de la famille. En voici un exemple. Le fait d’avoir une vue d’ensemble de ma famille et des différents rôles de chacun m’a fait comprendre beaucoup de choses et m’a aidée à construire une réflexion plus poussée sur le concept de la famille en général et de la mienne en particulier. Ça m’a aussi aidée à me positionner comme mère et à mieux comprendre mes forces et mes faiblesses. Si l’atelier vous intéresse, la session d’automne commence le mardi 11 novembre (cherchez « générations » dans la page).

Ça, c’est mon expérience à moi. J’ai fait un long bout de chemin dans le déni avant de commencer à réfléchir à la mère que je voulais être, et ça, c’est MON problème. Mais je crois tout de même que dans le monde dans lequel on vit, on n’a pas beaucoup d’espace pour se poser ce genre de questions (et encore moins y répondre!) :

  •  De quel milieu familial viennent mes parents?
  •  Quelle a été mon expérience en tant qu’enfant?
  • Quel genre de parents ont été mes propres parents?
  •  Qu’est-ce que je veux transmettre?
  •  Pourquoi je veux un/des enfant/s?
  • Quel genre de parent j’aimerais être?

Ce sont des questions qui touchent des sujets importants. Dans un monde idéal, j’ai l’impression que tous les gens qui veulent des enfants devraient faire une réflexion de ce genre. Comme dit Chantal Lavigne, « Préparer la venue d’un bébé, c’est plus que de décorer une belle chambre. » « À mon avis, ce qui importe c’est de prendre position, de se situer et de définir les valeurs de la famille que vous êtes en train de construire. »* Selon moi, l’idée, c’est de réfléchir à ce que vous voudriez. Ce n’est pas obligé d’être bien défini, vous n’avez pas à trouver des réponses à toutes ces questions, ça peut changer en cours de route, vous pouvez même décider de faire le contraire, en fin de compte! Mais je crois que c’est important de se poser ce genre de questions. Surtout si vous les fuyez. (Bon, c’est sûr que si mes questions vous angoissent et que malgré toute votre bonne volonté, vous n’arrivez pas à y réfléchir et que ça vous fait plus de mal que de bien, oubliez ça! Mon objectif, ce n’est surtout pas de vous mettre plus d’angoisses dans la tête. Au pire, gardez cette réflexion pour plus tard.)

Dans mon cas, je fuyais (inconsciemment) ces questions parce que j’étais persuadée que toutes les réponses que je trouverais me prouveraient que je serais la pire mère au monde. Je ne me laissais aucune place pour réfléchir et pour m’améliorer. C’est maintenant que je me rends compte que c’est très important, la réflexion, quand on veut devenir parent ou qu’on est sur le point de le devenir. C’est beaucoup plus important que tout ce que vous pourriez acheter pour le bébé! Comme le dit Marianne Prairie dans le livre La première fois que… « La préparation intensive peut être un bon antidote à l’anxiété, mais vous préparer ne devrait pas vous rendre anxieux. Vous n’avez pas besoin de tout avoir, tout de suite. La seule chose obligatoire, c’est le siège d’auto pour que vous puissiez sortir de l’hôpital ou de la maison de naissance. » (La réflexion aussi, c’est important, mais pas au point de vous faire faire des crises d’angoisses.)

Alors, quel genre de famille aimeriez-vous fonder? Est-ce que ce genre de question vous angoisse ou vous stresse?

* Par contre, je ne suis pas d’accord avec elle au sujet du mur de briques. Selon moi, un mur de briques, ça isole.

Lettre à ma fille

Poupinette chérie,

Si tu lis ceci, c’est que tu as lu ou que tu t’apprêtes à lire mes billets de blogue.

Tout d’abord, je tiens à te dire une chose : Je t’aime. À cause de la fréquence des émotions négatives ou des expériences difficiles qui parsèment ce blogue, ça se pourrait que tu en doutes. Je veux que tu saches que tu n’as absolument rien à voir avec ma dépression ni avec mes difficultés. Absolument. RIEN. À voir. Ce sont MES démons, MES difficultés d’adaptation, MES entêtements qui m’ont menée ici. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour éviter que ça t’affecte. Entre autres, j’espère que ma dépression n’a pas eu trop d’effets sur toi.

En fait, il faut que je replace mes écrits dans leur contexte. Je suis devenue mère dans un milieu où la maternité est considérée comme une expérience magique qui n’a que de bons côtés. J’aurais dû savoir que ce qui m’était décrit était trop beau pour être vrai! Selon moi, la maternité a ceci de commun avec toutes les autres expériences humaines : il y a du bon et du mauvais, du facile et du difficile, de la joie et de la tristesse. C’est une expérience très intense, alors le bon est souvent extrêmement bon, et le mauvais, extrêmement mauvais. Pourtant, il y a encore plein de gens qui se bornent à ne parler que du bon et, surtout, qui gardent le mauvais tapi au fond d’eux, comme un secret dont ils ont honte. Le problème, c’est que lorsqu’on est confronté à l’extrêmement mauvais, on se dit qu’on est un mauvais parent parce qu’on n’aime pas l’extrêmement mauvais…. Mais ça n’a rien à voir! On peut très bien trouver certaines parties de la parentalité très difficiles sans que ça veuille dire qu’on est un mauvais parent ou qu’on n’aime pas son enfant! Mes textes sont souvent une réaction à cet état des choses actuel.

Alors voilà, je tiens à terminer en te disant que je t’aime. Tu es une petite fille fantastique, pleine d’imagination et de vivacité. Parmi mes moments préférés avec toi, il y a :

– Quand on lit une histoire collées-collées

– Quand tu me fait un câlin et que tu me tapotes le dos

– Quand tu souris ou que tu ris

– Quand tu danses

– Quand tu es surprise et que tu dis « Oh! » à répétition

– Quand tu t’élances dans une pile de linge comme si c’était une pile de feuilles d’automne

– Quand tu es toi

Merci d’être là.

Maman

Communautés de mamans

J’ai déjà glissé un mot sur le forum de mamans que je suis depuis plus de deux ans. Mon premier billet était très court et très positif, parce que 1- Je m’occupais d’un bébé de six mois, et 2- Ce forum m’a apporté beaucoup de positif. Encore aujourd’hui, j’écris presque chaque jour à ces mamans; elles font partie de ma vie et je les adore!

D’un autre côté, ça fait un bout de temps que je voudrais aborder un aspect moins positif des forums et des groupes de mamans, mais que je ne sais pas trop comment l’exprimer. Je vais y aller de front, puis je vais nuancer. Je commence par une citation du livre La première fois que… écrit par Marianne Prairie, dont je suis une groupie finie.

« Beaucoup de nouvelles mamans se mettent énormément de pression pour que leur vision idéalisée de la famille se matérialise. Certaines d’entre elles t’écrasent de leurs principes en béton pour se sentir plus légères. J’ai malheureusement l’impression que beaucoup de ces femmes se tiennent dans ces groupes parce que c’est la meilleure chose qu’elles peuvent accomplir. Perdre mon poids de grossesse, check. Stimuler mon bébé, check. Avoir une attitude passive-agressive, check. »

« J’ai vu trop de parents s’ériger les uns contre les autres en posant des jugements comme des briques autour d’eux. Ce sont des forteresses imaginaires qui protègent, certes, mais qui isolent aussi. À un moment donné, j’ai été obligée de donner un bon coup de masse dans la mienne pour que l’air puisse y entrer. Depuis, je réutilise les débris pour construire des ponts. »

Bon, en partant, je tiens à dire que je ne suis pas aussi catégorique qu’elle au sujet des groupes de mamans… mais je trouve qu’elle n’a pas tort. Avant de m’expliquer, je vais faire une distinction que je trouve importante. Pour moi, il y a trois sortes de groupes de mamans en ligne (je vais me limiter à ça, c’est ce que je connais!) : les groupes fermés, les groupes ouverts avec inscription et les groupes ouverts à tous. En règle générale, dans les groupes fermés, les femmes ne sont pas là exclusivement pour dire des énormités et passer des jugements hâtifs à gauche et à droite. Oui, ça arrive, mais ce n’est pas pour ça qu’elles s’inscrivent; c’est pour partager une expérience similaire (la grossesse et la maternité) et échanger sans avoir honte (des trucs pour soigner des hémorroïdes de la mort? check. héhéhé…). Les femmes utilisent leur compte personnel et apprennent à se connaître, alors c’est (un peu) moins propice à se bitcher sans se demander comment le message va être reçu.

Dans les groupes ouverts avec inscription (les groupes où les publications sont visibles par tous mais pour lesquels il faut s’inscrire pour publier), il y a un peu plus de risques de dérapage, mais comme il faut s’inscrire et qu’on n’a pas envie de se faire considérer comme « la fille qui a dénigré cette autre fille qui avait juste besoin de soutien », c’est plutôt rare (enfin, c’est mon expérience). Personnellement, je n’ai pas vraiment trouvé de groupes de ce genre qui me plaisait.

Dans les groupes ouverts à tous, n’importe qui peut publier n’importe quoi. Par exemple, si une mère dit qu’elle a pris cinq jours de congé avec son chum, sans bébé, parce qu’ils avaient vraiment besoin de se retrouver et que leur couple était au bord de la rupture, une autre peut (techniquement) dire que « sa na pas d’alure, d’abandoner son enfant de meme pis de le domper dans une gaderie pendant qu’elle se paye du luxe pour une semaine ». Ces deux personnes ne se connaissent pas; elles n’ont aucune idée des circonstances de vie de l’autre; elles ne « perdent » pas de temps en nuances et en réflexion… C’est le même principe que pour la plupart des commentaires qu’on trouve habituellement dans Internet, mais en mille fois plus intense étant donné le caractère personnel des sujets et le potentiel d’émotions (exponentiel!) de la maternité.

Cela dit, ce que j’ai trouvé très difficile, dès ma grossesse, c’est le degré de jugement qui s’abat sur toi quand tu tombes enceinte, et qui s’empire à mesure que ton bébé grandit. Je comprends pourquoi : Il faut s’occuper d’un autre être humain que soi-même, et c’est beaucoup de responsabilités. Mais tout de même, je trouve le jugement d’autrui un peu trop intense envers les parents. Et dans les groupes de mamans, souvent, tu te retrouves avec le jugement de plusieurs dizaines de mères en même temps. À un moment donné, ça peut devenir étouffant.

De plus, il y a certaines personnes qui ont tendance à le prendre personnel quand on ne fait pas la même chose qu’eux. Mais vraiment personnel. Comme si on leur flanquait une claque en pleine face et qu’on leur disait : « Ce que tu fais, là, c’est horrible. MOI je ne fais pas ça. » Si je fais quelque chose différemment d’une autre mère, ça ne veut pas dire que je pense qu’elle devrait vraiment changer sa façon de faire. PAS DU TOUT. Ce que que je fais, ben je le fais POUR MOI. Ce n’est pas une critique de ce qu’elle fait. (En plus, au début, on teste tellement d’affaires et on ne sait pas du tout où on en est!) De l’autre côté du spectre, il y a les personnes qui sont incapables de se remettre en question. Tout ce qu’elles font est irréprochable, et personne ne devrait les remettre en question, JAMAIS, même si la remise en question est nuancée, et gentille, et amenée de la façon la plus douce possible. (Bon, il y a des limites à remettre les autres en question aussi, hein! Avant de remettre en question les actes d’autrui, faut se demander comment on prendrait ça, nous, si quelqu’un nous disait quelque chose de similaire…)

Et je constate aussi que certaines personnes « se mettent énormément de pression pour que leur vision idéalisée de la famille se matérialise ». Ça donne beaucoup d’articles et de billets à saveur de nanane chimique, sans aucun agent naturel. C’est le fameux « J’me peux pus d’être comblééééée »! (Dans mon cas, ça a souvent davantage ressemblé à « J’me peux puuuuuus » tout court! Héhé…)

Mais malgré tous ces aspects plus négatifs des groupes de mamans, pour moi, les aspects positifs l’emportent en ce qui concerne les groupes fermés (où ce n’est pas tout le monde qui peut voir ce qu’on publie). Oui ça peut être difficile d’encaisser tout plein de jugements en même temps, mais c’est juste un condensé de la vie en général. Autant s’habituer tout de suite et se trouver des moyens de passer au travers. Oui il y a certaines personnes qui ont un côté harcelant ou qui manquent parfois d’empathie. Mais après un certain moment, on commence à mieux connaître ces personnes et à être plus au courant de leur circonstances. On est confronté à plusieurs réalités et plusieurs façons de faire, ce qui peut être très enrichissant! Et le sens de la communauté qui se dégage de ces rencontres improbables est assez touchant… Je vous invite donc à en essayer! Et si vous trouvez un groupe de mamans à votre goût, n’oubliez pas que :

1- L’expérience de mère d’une participante ne lui procure pas une spécialisation médicale, sociologique ou autre… Il est toujours mieux d’obtenir l’avis d’un professionnel pour certaines choses, et pour votre cas en particulier (p. ex. ce n’est pas parce que le médecin d’une telle a dit telle chose que cela s’applique nécessairement à vous)!

2- Lire sur les inquiétudes d’autrui, ça peut être angoissant. Prenez une pause ou laissez tomber le concept si ça ne vous convient pas. Ce n’est pas obligatoire, loin de là!

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Ooooh le beau cliché que voilà! 😉

La première fois que… Citations sur la grossesse et l’accouchement

Comme vous l’avez peut-être déjà deviné, je suis une fan finie de Marianne Prairie (voir ici, ici et ici)! Alors quand j’ai su qu’elle écrivait un livre sur la parentalité, j’me pouvais pus! J’ai attendu impatiemment la publication de son livre, intitulé La première fois que… Conseils sages et moins sages pour nouveaux parents, puis je l’ai dévoré (menoum menoum)! Et le résultat est à la hauteur de mes attentes! En vraie groupie, je vais vous titiller (ou harceler, hahaaaa!) avec des citations tirées de son livre…

À propos de la préparation en vue de l’arrivée d’un bébé :

« La préparation intensive peut être un bon antidote à l’anxiété, mais vous préparer ne devrait pas vous rendre anxieux. Vous n’avez pas besoin de tout avoir, tout de suite. La seule chose obligatoire, c’est le siège d’auto pour que vous puissiez sortir de l’hôpital ou de la maison de naissance. »

« Parlez

La solitude et le silence nourrissent votre hamster. »

« […] si toutes les remises en question persistent à la lueur du jour, vous empêchent de vaquer à vos occupations ou que l’insomnie vous tourmente nuit après nuit, n’hésitez surtout pas à consulter ou à en parler à votre médecin ou à votre sage-femme. »

À propos de l’accouchement :

« J’avais aussi ouï dire que j’allais être envahie d’un grand amour dès l’instant où je poserais mes yeux sur la chair de ma chair, si bien que j’oublierais les douleurs de l’enfantement. Peut-être même que des rayons de bonheur irradieraient du visage de mon nouveau-né, à moins que ce soit de mon entrejambe? J’m’en souviens plus. »

Pouahahahahaaaaaaaaaaa! Je vous ai-tu dit à quel point je l’adore? 😀

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