Ressources en santé mentale, et plus encore

Je suis en colère. (Je sais, ça ne commence pas bien un billet de blogue, mais la colère me motive à faire quelque chose, à la hauteur de mes moyens.) Depuis que j’ai parlé de ma dépression sur ce blogue, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. J’ai réalisé que ma dépression avait commencé pendant ma grossesse, ce qui veut dire que j’ai fait une dépression périnatale (pendant la grossesse+post-partum). Ça a été long, mais j’ai finalement réussi à me sortir de ma dépression.

J’ai continué à parler de santé mentale dans mon entourage, parce que ça me tient à cœur. Alors, comme c’est encore un sujet tabou, des gens se sont confiés à moi. Ils m’ont demandé quelles ressources j’avais utilisées. Ça m’a poussée à écrire le scénario d’une bande dessinée qui en parle un peu, qui a été publiée par le magazine Nouveau Projet. (Je n’ai pas pu dire grand-chose sur les ressources en 7 pages, mais c’est quand même un bon début.)  Je tiens à remercier mon ami David Samson, qui a illustré le tout et qui a travaillé sur le scénario : sans lui, cette BD n’aurait pas été lisible.

Sauf qu’il y a une constante qui revient toujours, dans les témoignages que je reçois. Y’a tellement de gens qui ont besoin d’aide en santé mentale, mais qui n’ont PAS LES MOYENS d’en avoir… C’est juste fucking triste. Et ça m’enrage, en même temps. Ce n’est pas normal, ce n’est pas correct, ce n’est pas juste.

J’ai donc décidé de rassembler tous les renseignements que j’avais glanés avec les années, et de faire une liste des ressources que j’ai pu trouver. J’ai eu l’aide d’un groupe de femmes fantastiques, qui m’ont fourni de l’information géniale, que j’ai mise dans la liste. Je vous invite donc à la consulter, ici :

https://www.facebook.com/notes/sara-houle/ressources-en-sant%C3%A9-mentale-et-plus-encore/1694563660587771/

Si jamais ça peut aider quelqu’un…

Allez, bon courage. xxxx

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Œuvre de David Samson

La fin

J’étais en train de lire un billet sur TPL Moms, quand le mot « dogmatisme » est revenu me hanter. Il y a plus d’un an, je l’avais utilisé pour parler de l’allaitement. C’est un mot qu’on n’utilise pas souvent, alors je suis allée me rafraîchir la mémoire… Pour comprendre « dogmatisme », il faut aller chercher la définition de « dogmatique » :

« Qui exprime ses opinions d’une manière péremptoire.  absolu, catégorique,doctrinaire, systématique. » (Petit Robert)

Je n’aime pas cette façon de définir la parentalité, par des dogmatismes, de façon très rigide et arrêtée. Je préfère la nuance et l’équilibre. (Malheureusement, j’ai bien du mal à mettre ces valeurs en pratique dans ma vie quotidienne, mais ça, c’est une autre histoire!) Je trouve qu’il y a beaucoup de dogmatismes qui font surface, quand on parle de maternité/parentalité, et ça m’éneeeerve! Après avoir eu une réaction épidermique au billet en question, je me suis demandé pourquoi il m’énervait tant que ça, ce billet. Souvent, quand quelqu’un m’énerve, c’est que la personne se permet de faire quelque chose que je ne me permet pas de faire (souvent parce que ça contredit mes valeurs). Dans ce cas-ci, c’est parce que l’auteure se permet de sous-entendre que selon elle, aucun enfant ne devrait avoir accès à un iPad ou autre outil techno du genre, ce que je trouve vraiment exagéré. D’ailleurs, je ne suis pas la seule!

***Modification : Je viens de lire le deuxième récit d’accouchement de l’auteure, qui m’a beaucoup touchée. Comme quoi, une personne ne se limite pas à un billet de blogue (évidemment)! Vous pouvez le lire ici.***

Cette constatation m’a fait beaucoup réfléchir. Le problème, c’est que ça m’arrive souvent de sous-entendre que les gens devraient faire ceci ou cela. Ça me rappelle une question que François Lemay avait posé à Marianne Prairie à l’émission La Sphère (en remplacement de Matthieu Dugal) « Est-ce que, parce qu’on est maman, on devient automatiquement experte en maternité? ». La réponse, évidemment, c’est non. Mais Marianne Prairie l’a si bien dit, on a besoin d’en parler de sa maternité, ça fait du bien… Je suis d’accord avec elle. Sauf que dans mon cas, en ce moment, j’ai l’impression que je me suis assez exprimée au sujet de ma maternité, et que je verse souvent dans les conseils et les sous-entendus. De plus, mon blogue s’appelle « Découvrir la maternité », et bien que je découvre encore des choses chaque jour, j’ai l’impression d’avoir passé cette période qu’on pourrait qualifier de « début de maternité » (ma fille a deux ans et demi), qui est sous-entendue dans le nom de mon blogue. Et en plus, des blogues comme le mien, il y en a des centaines, voire des milliers (surtout du côté anglophone)!

Je vous laisse donc sur ma mini-liste d’interlocuteurs incontournables et qui me font du bien, en matière de parentalité :

En français :

– Marianne Prairie (évidemment!) – elle ne publie pas souvent sur son blogue et sur sa page Facebook, mais elle a une chronique chez Châtelaine et chez Planète F, et on peut l’entendre régulièrement dans les médias.

– Véronique Grenier (Urbania, chronique à La Tribune, Les p’tits pis moé)

Une vie entre paren(thèses)

Avec Laurent

Planète F

Le marcassin envolé

– Annie Desrochers – On a mis quelqu’un au monde, Planète F

– Manal D. (Montée de lait, TPL Moms)

Emilie Cardin

Catherine Gendreau

La vie avec mon Zucchini

Maman Éprouvette

En anglais :

Renegade Mothering

Longest Shortest Time

Cup of Jo

Hands Free Mama

Je vous tire ma révérence! 🙂

Mon expérience personnelle

Je n’avais aucune amie qui était mère avant de le devenir moi-même (ni d’ami qui était père). Ces temps-ci, à mesure que mes amies deviennent mères, je me rends compte à quel point mon expérience personnelle de la maternité a été teintée d’émotions et d’événements négatifs. C’était déjà assez évident, mais là c’est très concret. Je vois mes amies vivre des étapes de la maternité par lesquelles je suis passée, et les différences me frappent. Par exemple, j’ai toujours dit que j’avais eu une grossesse plutôt facile, mais maintenant je me rends compte que ce n’est pas le cas. Les nausées (pas siii pire, à part les épisodes de vomi dans le métro), les maux de tête intenses pendant trois mois, le degré zéro d’énergie (même pas capable de lire alors que je suis supposée faire ça toute la journée! finalement, c’était un problème d’hypothyroïdie), les douleurs diverses, une doc qui se foutait carrément de moi (et qui a fait monter mon niveau d’anxiété en flèche), l’insomnie pendant au moins quatre mois, l’anxiété refoulée, les décisions stressantes à prendre à un moment où je voulais JUSTE dormir (bon ça, c’est probablement pas mal toutes les femmes enceintes qui vivent ça), la dépression pendant la grossesse, etc. Je n’écris pas ça pour me faire plaindre, c’est sûr qu’il y a des grossesses qui se déroulent de façon bien plus difficile! J’écris ça pour faire comprendre que mon expérience personnelle est particulière. On dirait que j’ai accumulé les expériences négatives. J’ai encaissé beaucoup.

Mais là, en ce moment, avec ma Poupinette de deux ans et demi, mon expérience est on ne peut plus positive! Je me surprend même à me trouver un peu compétente, des fois! Ça fait tellement du bien! Comme quoi, si vous filez un mauvais coton, si vous avez une expérience difficile de maternité, dites-vous que ça ne sera pas toujours comme ça. Un jour, vous allez vous sentir mieux! Gogogo, vous êtes capables!

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Revisiter

Il y a une phrase qui me revient souvent ces temps-ci :

Avoir un ou des enfants, c’est (entre autres) revisiter sa relation avec ses propres parents, qu’on le veuille ou non.

Je ne sais pas si c’est vrai pour tout le monde, mais j’ai l’impression que oui, d’une façon ou d’une autre.

Voilà, c’est tout ce que je voulais dire. Qu’en pensez-vous?

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Thanksgiving – Action de grâces

J’ai découvert récemment un blogue anglophone sur la maternité que j’aime beaucoup : Figuring Out Home. L’auteure a une série qui s’appelle Tell a Mom Tuesday : je trouve que c’est tellement une bonne idée! Elle a fait une édition pour Thanksgiving, et j’ai eu envie de faire comme elle, soit de remercier les mères autour de moi en cette Action de grâces américaine (totalement en retard). Je n’ai pas beaucoup de mères dans mon entourage, mais voici tout de même ma liste!

– Merci à ma propre maman, qui est venue m’aider tellement souvent et qui reçoit des fois mes anxiétés et mes émotions négatives en pleine figure. J’apprend beaucoup grâce à toi parce que tu sais comment me montrer des choses sans me faire sentir comme si je faisais toutte tout croche!

– Merci Marie-Noëlle de m’avoir permis d’échanger au sujet de la maternité, qu’on vivait en même temps. Juste le fait de sortir de la maison, de te voir et de pouvoir parler librement, ça m’a fait beaucoup de bien. T’es comme ma buddy de maternité! Merci d’être là!

– Merci Eve pour ta grande générosité et ton ouverture d’esprit. Tu as été une des premières personnes à qui j’ai osé donner des conseils, et comme tu le sais déjà, je m’en veux encore! 😉 Merci pour ta patience…

– Merci Julie de m’avoir accueillie chez toi plusieurs fois et d’avoir partagé avec moi ta réalité avec tes magnifiques monsters! Ça me fait du bien de te côtoyer 🙂

– Merci Marie-Christine pour ta proposition de commencer un projet au sujet de l’histoire de l’allaitement, ce qui a donné lieu à une amitié qui me fait du bien. Ton écoute, ta gentillesse et ton intelligence me flabbergastent chaque fois que je te vois!

– Merci Nastassia de me comprendre aussi aisément et de me permettre de progresser avec mes questions existentielles. Tu es une présence salvatrice dans ma vie. Je t’admire!

– Merci Mymy pour ta patience et de m’avoir permis de revisiter mon expérience de façon plus positive.

– Merci Joana pour ton écoute attentive et tes conseils toujours right on. Tu es une des rares personnes qui peuvent donner des conseils sans que ça fasse de tort! C’est précieux!

– Merci Amélie pour ton empathie et ta sollicitude.

– Merci Emilie de m’avoir invitée à la Ronde. C’est une journée qui reste gravée dans ma mémoire, un beau souvenir! Et merci de ta présence rassurante en ligne : tu m’as fait du bien!

– Merci Corinne d’avoir partagé ton histoire avec moi. Ça m’a tellement fait du bien de pouvoir parler de mon histoire de tire-allaitement avec quelqu’un qui comprenait ce que je vivais! Et en plus, tu es quelqu’un de super attachant, avec un sens de l’humour extraordinaire!

– Merci à mes collègues-mamans qui ont eu à répondre à mes questions paniquées sur la conciliation travail-famille et sur le congé parental! Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans vous!

– Merci aux Super hot mamans de juin 2012 : Comme je n’avais aucun réseau ni aucune amie qui était déjà mère, j’ai vraiment beaucoup apprécié de partager avec vous ces deux dernières années, et j’apprécie encore énormément nos échanges!

– Merci Typhaine pour ta plume et ton authenticité si touchantes. Merci aussi pour ta patience à l’égard de mes gros sabots…

– Thank you Megan for your project on a subject that I find so interesting, and for your blog that helps me remind myself that positive things don’t have to be corny!

– Thank you Longest Shortest Time Mamas for your very toughtful support.

J’ai sûrement oublié des mères que j’aurais aimé remercier, mais bon, ces temps-ci, j’ai une mémoire de moineau!

Je voudrais ajouter à cette liste des personnes qui ne sont pas mamans, mais que je tiens à remercier quand même :

– Merci Papa pour ton écoute et tes conseils. Je ne les mets pas toujours en pratique, mais des fois ça me prend un peu de temps pour les intégrer. J’apprécie énormément le temps que tu passes avec moi.

– Merci Sébastien pour ta patience incroyable et ton amour enveloppant. Tu es la lumière de ma vie.

– Merci Naïma pour l’aide que tu m’apportes régulièrement. Je me répète, mais si tu n’avais pas été là cette journée-là de janvier, je ne serais plus là. Tu m’as sauvé la vie tellement de fois que je me demande si je ne devrais pas partir une religion avec toi comme déesse… Hihihi! Merci pour ton écoute, ta persévérance, ta patience et ta sagesse.

– Merci Maëlle et merci David pour vos œuvres. Vous avez contribué à mettre de la beauté et de l’art dans ma vie, et je l’apprécie énormément.

– Merci Simon pour ton point de vue original de la paternité/parentalité et de tout ce qui vient avec. Ça fait du bien de te lire : ton point de vue est vraiment rafraîchissant!

Give Thanks

Citations – La promotion de l’allaitement au Québec – 1 de 2

J’ai enfin trouvé le temps de faire le tour de tous les bouts de texte que j’avais soulignés dans le livre La promotion de l’allaitement au Québec, comme promis! J’ai séparé les citations en deux billets, parce que c’est assez long! Ce billet rassemble les citations qui parlent plus à mes émotions, dans lesquelles je me suis davantage reconnue. Ça m’a fait tellement de bien de lire ces articles!

Article intitulé La promotion du soutien au femmes qui désirent allaiter : pour en finir avec la culpabilité par Manon Niquette

Page 92 :

« Dans une société obsédée par la production, qui offre peu de soutien aux familles et où le sein est hypersexualisé, les femmes qui allaitent doivent faire montre d’une endurance à toute épreuve pour contrer les obstacles qui se présentent à elles (Bortloff, 1990). […]

Allaiter n’est pas seulement l’affaire d’un choix ou d’une décision. Disons-le clairement, c’est un entêtement. »

Et moi j’ajouterais : C’est un entêtement dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas, c’est une obsession qui tourne en tourbillon de désarroi.  

Pages 94-95 :

« Le manque d’information sur les difficultés pouvant se présenter durant l’allaitement en aurait amené plusieurs à abandonner ou à alterner avec des laits commerciaux (Kelleher, 2006). […]

Une politique de communication centrée uniquement sur la promotion de l’allaitement aurait pour effet de contribuer à l’augmentation des taux d’allaitement à la naissance, mais aussi à l’abandon précoce de celles qui, une fois seules devant les difficultés, se jugent à tort différentes des autres. […]

Comme on l’indique dans le rapport d’évaluation de la mise en œuvre des lignes directrices en allaitement maternel au Québec :

encourager l’allaitement sans garantir l’accès à un soutien adéquat en période postnatale équivaut à mettre en scène un scénario où les mères se retrouvent trop souvent en situation d’échec, avec un sentiment d’incompétence maternelle et les séquelles psychologiques délétères qui l’accompagnent (Semenic, Groleau et coll., 2012, p. 25). »

Page 102 :

« Concrètement, l’étude [Burns, Schmied, Fenwick et Sheehan, 2012] portait sur la construction discursive de l’allaitement et les représentations du lait maternel véhiculées par 76 sages-femmes australiennes au cours de leurs échanges avec des femmes qui allaitent. L’analyse critique du discours des sages-femmes a permis de constater que celui-ci était principalement centré sur la valeur nutritive du colostrum et du lait maternel, et ce, au détriment du processus d’allaitement lui-même. Cela aurait pour conséquence un glissement du discours sur l’allaitement vers l’univers sémantique de la production manufacturière des biens de consommation : dans un discours marqué par la biologie de la lactation, (Hausman, 2003), les femmes apparaissent comme des « opératrices d’équipement de production » peu informées et incompétentes. Les résultats de l’étude indiquent que l’approche disciplinaire et techniciste prévalant dans les pratiques de soutien aux femmes qui allaitent doit être remplacée par une démarche fondée sur la préservation de l’intégrité mentale et physique des femmes et respectueuse de la relation en voie de se créer entre elles et leur enfant. »

Page 104 :

« La bonne mère est celle qui fait passer les besoins de ses enfants avant les siens, a fortiori lorsque l’abnégation lui cause préjudice ou la place en situation de détresse. Par contraste, la femme qui décide de ne pas allaiter pour répondre à d’autres exigences s’expose au risque d’être jugée comme une mauvaise mère (Murphy, 1999). Comme l’explique si bien Chantal Bayard (2008, p. 70), la représentation de l’allaitement est paradoxale dans la mesure où celui-ci est vu à la fois comme un « devoir maternel » et comme un choix « libre » et « personnel ». Les conséquences de ce paradoxe ne sont pas anodines : une femme en détresse qui vit avec l’impression d’avoir délibérément failli à son devoir maternel risque de se retirer complètement de la vie sociale. Quand la culpabilité conduit à l’auto-exclusion, c’est que la personne est envahie par la honte. »

Article intitulé « Cachez ce sein que je ne saurais voir » : comment négocier l’allaitement dans l’espace public? par Chantal Bayard

Page 129 :

« […] il n’en demeure pas moins que les femmes sont sujettes à une certaine forme de stigmatisation lorsqu’elles allaitent dans l’espace public. S’il est vrai que notre société valorise l’égalité entre les hommes et les femmes, la frilosité à l’égard de cette pratique devrait nous préoccuper. D’autant plus que les femmes sont vivement encouragées à allaiter sous peine de sanction sociale (lire Desrochers et Renaud, 2013, dans cet ouvrage). Ros Branwell décrit bien ce paradoxe :

Such a society may both stigmatise individual mothers for not giving their infants the superior product of breast milk, whilst simultaneously stigmatising other women for exposing their breasts in public (2001, p. 95). »

 Article intitulé La promotion de l’allaitement : les représentations sociales paternelles par Francine de Montigny

Pages 160, 161, 170, 174 et 175 :

« Tel qu’érigé dans les diverses campagnes de promotion, le lait maternel est le meilleur choix, voire l’unique choix du parent bienveillant, désireux de donner ce qu’il y a de mieux pour son enfant.  [p. 160]

[…]

Globalement, l’information est centrée sur les avantages et la mécanique de l’allaitement. De multiples manières, le message transmis aux parents associe la qualité de la parentalité au mode d’alimentation de l’enfant. [p. 161]

[…]

Implicitement, la femme qui alimente son enfant autrement devient « la mauvaise mère » en opposition à celle qui allaite, la « bonne » mère (Bayard, 2012; de Montigny et coll., 2013; Holmes, Delgado et Perron, 2009). [p. 170]

La stratégie de promotion de l’allaitement s’impose aussi dans l’espace privé, lorsque tant les professionnels que l’entourage se permettent de donner leur avis à propos des décisions et des choix des parents. L’allaitement devient alors une obligation de se conformer à l’image de la bonne mère plutôt qu’un choix. À ce sujet, nos résultats de recherche indiquent que le discours social ne prédispose pas nécessairement les femmes à allaiter ou à le faire plus longtemps, mais plutôt à se méfier des professionnels de la santé. […]

Dans le même ordre d’idées, il y a lieu de mettre l’allaitement au centre d’un ensemble d’expériences et de fonctions parentales plus complexes. L’allaitement ne relève pas uniquement du corps de la mère; il est réducteur de ne considérer que la seule mise au sein. […] L’allaitement prend place, ou non, « dans un monde construit par le couple » (Houvouras, 2006) en fonction d’un ensemble de caractéristiques personnelles, contextuelles et interactionnelles […] » [p. 174-175]

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Deuil et beauté

Quand j’étais enceinte, j’étais absolument incapable de m’imaginer des moments positifs avec mon enfant à naître. Mon imagination s’emballait, et j’imaginais toujours le pire, comme un accouchement trop hâtif, un bébé en détresse, une maladie incurable et fulgurante, la mort d’un bébé…

Et là, je viens de découvrir ce blogue, Le marcassin envolé, écrit par une mère qui a eu à vivre cette expérience horrible de perdre son bébé alors qu’il n’avait qu’un mois. Malgré son deuil, elle réussit à écrire de si belle façon…

« Tu as fait des racines dans mon corps. Tu y as laissé des traces profondes. »

Je vous invite à la lire. Elle a une voix marquante. J’en suis encore toute secouée…

Bonne fête des Pères!

Dernièrement, j’ai écrit un petit texte visant la valorisation de la paternité par les mères… C’était pour l’organisme Entre-mamans, que j’aime beaucoup. Voici donc…

Les bons coups de mon chum en tant que papa et conjoint

Même si au quotidien, ce n’est pas toujours évident, quand je pense à mon chum comme papa et comme conjoint, je sais qu’il est fantastique dans ces deux rôles. J’ai fait une liste de ses bons coups, qu’ils soient grands ou petits. Ce ne sont pas tous ses bons coups, parce que ça aurait été trop long à écrire! Voici la liste que je partage avec vous :

1- Il a été présent (mentalement et physiquement) pendant mon accouchement. Ça ne veut pas dire qu’il n’était pas dépassé par les événements, mais il était présent, et je l’ai apprécié énormément!

2- Alors qu’il est très casanier, mon chum a beaucoup insisté pendant la pire période de ma dépression pour m’aider à sortir de chez nous et pour m’encourager à le faire (parce qu’il savait que ça me ferait du bien; je suis le contraire de lui sur ce point-là!).

3- Il s’occupe de la routine du matin pour notre fille : c’est lui qui se tape le déjeuner, le fait de l’habiller, la coiffer, etc. Notre fille n’est pas toujours aussi bien habillée que je le voudrais, mais c’est tellement un détail par rapport à ce qu’il fait chaque matin! Je suis consciente que ce n’est pas facile de se dépêcher avec un enfant, et il fait ça comme un champion!

4- Mon chum fait souvent la bouffe, surtout le souper; ça m’aide énormément de savoir que je peux compter sur lui sur ce point-là! Parce que s’il fallait compter sur moi… Ce serait plutôt catastrophique!

5- Il a le tour pour faire changer l’humeur de notre fille… Quand elle est en pleurs ou qu’elle est irritable, il sait quoi faire ou quoi dire afin de porter son attention sur quelque chose de plus positif!

6- Même s’il fait connaître son dégoût de façon très vocale, il change les couches, même les couches de caca!

7- C’est toujours lui qui s’occupe de tout ce qui a rapport avec les assurances (toutes les sortes d’assurance), la voiture et l’entretien des ordinateurs/cellulaires/tablettes (entre autres), et il est débrouillard! Et très fiable!

8- Quand on a abouti à une impasse dans notre couple dernièrement, et que j’ai pris mon courage à deux mains pour lui proposer une thérapie de couple, il a dit oui presque tout de suite. S’il avait fallu qu’il hésite davantage, je me serais probablement dégonflée et on n’aurait pas pu améliorer la communication dans notre couple comme on le fait en ce moment.

9- Dès qu’il revient du travail, il me donne un bisou d’amoureux. J’apprécie beaucoup cette petite attention!

10- Il est presque toujours partant pour s’amuser avec notre fille. Ils jouent très souvent ensemble, c’est tellement mignon de les voir aller!

11- Il est souvent prêt à m’aider sans se faire prier, pourvu que je lui demande ce que je voudrais… Il ne lit pas dans mes pensées! Des fois, je l’oublie…

12- C’est souvent lui qui se lève la nuit quand notre fille est malade (j’ai le sommeil trop lourd!).

13- Il est tout ému quand notre fille lui donne des bisous et des câlins. Ça fait chaud au cœur!

14- Les six premiers mois de mon retour au travail, il a très souvent pris des congés pour s’occuper de notre cocotte quand elle était malade; ça m’a rendu le retour au travail moins stressant.

15- Même s’il ne parle pas beaucoup, il est toujours là pour moi, c’est une présence constante dans ma vie.

 

Si vous pensez que je suis juste chanceuse d’avoir LE chum parfait; je vous assure qu’il ne l’est pas (personne ne l’est)… En fait, je vous invite à vous demander quels sont les bons coups de votre conjoint… Vous verrez; je crois que lorsque vous aurez fini, vous allez être étonnée de votre liste! Ça fait du bien, de voir le positif…

 

P.-S. Je tiens à remercier les p’tites mères du forum de mamans de juin 2012, qui m’ont aidée à m’inspirer en m’écrivant les bons coups de leurs propres conjoints! Merci les femmes!

Par amour du stress – Citations

Alors, comme je viens de découvrir que le fait d’avoir un enfant, c’est stressant et anxiogène, je lis en ce moment un livre qui me fait beaucoup de bien et qui m’aide à comprendre le stress et à relativiser… Voici quelques citations tirées de ce livre un peu trop technique… Mais que j’aime beaucoup! Le titre complet est Par amour du stress – Des conclusions scientifiques – une présentation facile, et l’auteure est Dre Sonia Lupien.

« Lorsque le cerveau détecte une situation menaçante, il enclenche une série d’actions qui fait en sorte que nous allons produire des hormones de stress. Ces hormones sont produites pour nous permettre de faire les deux seules choses qu’on peut faire devant un danger : combattre ou fuir.

Pour poser l’un ou l’autre de ces gestes, nous avons besoin d’énergie. Ce sont donc ces deux hormones qui vont nous fournir l’énergie nécessaire pour combattre la menace ou fuir, si le risque est trop important. C’est cette superbe réponse qui nous a permis de chasser les mammouths de la préhistoire ou de les fuir avec succès lorsqu’ils étaient trop gros.

Toutefois, la recherche a aussi démontré que lorsqu’elles sont sécrétées, ces hormones ont la capacité de remonter au cerveau et d’affecter notre mémoire et la régulation de nos émotions en agissant sur les régions du cerveau impliquées dans ces activités. C’est l’action de ces hormones de stress sur le corps et le cerveau qui explique qu’une production importante de ces hormones sur une base chronique est à la base de différents désordres physiques et mentaux liés au stress dit chronique. »

« Le stress, c’est du CINÉ

[…l]es gens vont produire une réponse biologique de stress lorsqu’ils sont exposés à une situation comprenant l’une ou plusieurs de ces caractéristiques.

CONTRÔLE : Vous devez avoir l’impression que vous n’avez pas le contrôle sur la situation.

IMPRÉVISIBILITÉ : La situation doit être imprévue ou imprévisible pour vous.

NOUVEAUTÉ : La situation doit être nouvelle pour vous.

ÉGO MENACÉ : La situation doit être menaçante pour votre égo.*

*Une note sur l’égo : L’égo est ce qui caractérise notre personnalité par rapport à celle des autres. Si je vous demandais de vous décrire, vous sauriez quoi me dire. Vous pourriez par exemple me dire que vous êtes quelqu’un de généreux, drôle et sportif. Chaque fois qu’on entre en relation avec quelqu’un, il y a toujours un risque que notre égo soit menacé.

Voici un exemple : vous êtes à la machine à café au travail et un collègue remet en question votre capacité de bien effectuer votre travail, et ce, devant deux de vos patrons. Le petit sentiment que vous vivez lorsque vous revenez à votre bureau (crispation des mains, sentiment de chaleur et augmentation du rythme cardiaque), c’est cela une réponse de stress! Comme je m’amuse souvent à le dire, la machine à café au travail peut parfois se révéler un appareil dangereux pour l’égo! »

« La chose qui me surprend le plus dans le cadre de mes recherches, c’est lorsque je demande à tous les gens stressés que j’étudie de me donner l’origine de leur stress, plus des trois quarts d’entre eux ne savent absolument pas quoi me répondre. En d’autres termes, ils ressentent ce stress d’une manière chronique, parfois brutale, mais ils sont incapables d’en définir la cause. »

Exemple :

« Pierre, 41 ans

Père de deux enfants, Pierre vient de recevoir une promotion au sein du service en question et il en est très fier. En effet, il a travaillé pendant 10 ans pour obtenir cette promotion, et ce, bien souvent au détriment de sa vie familiale. Sa femme ne manque d’ailleurs aucune occasion de le lui souligner. De plus, son nouveau poste lui permet bien souvent de fermer le clapet de son beau-frère, Yves, lors des fêtes de famille au cours desquelles il s’amusait auparavant à le taquiner sur son emploi « bas niveau ». Avec cette annonce de la part du nouveau patron [profonde restructuration de la compagnie], il a peur de perdre son nouveau poste et d’être rétrogradé à son ancienne responsabilité, moins prestigieuse, ce qui ne manquera pas de faire jaser encore le beau-frère Yves. De plus, il ne sait pas comment il pourra annoncer à sa femme qu’il devra faire des heures supplémentaires, et ce, sans se retrouver devant un divorce. Mais s’il ne fait pas ces heures supplémentaires, il craint de perdre son nouveau poste. Il se sent stressé et littéralement pris au piège. Hier, il a encore perdu patience avec son jeune fils à qui il donnait le bain, et il s’est retrouvé à hurler à tue-tête avec le petit pour une raison anodine. Le petit s’est mis à pleurer et s’est réfugié dans les bras de sa mère qui a regardé Pierre avec des yeux furieux. Il déteste avoir de telles sautes d’humeur avec le petit qu’il adore, mais elles semblent devenir de plus en plus fréquentes à mesure que le temps avance. Le CINÉ de Pierre : pour Pierre, comme pour tous les autres employés du bureau, la situation est nouvelle, car personne ne s’attendait vraiment à une restructuration du service. De plus, la situation est imprévisible, car il ne sait pas s’il perdra son nouveau poste à cause de la réorganisation. Il a le sentiment qu’il n’a pas le contrôle sur la situation, car, s’il veut pouvoir reprendre le contrôle sur son emploi, il devra faire des heures supplémentaires, potentiellement au détriment de son mariage et de son fils qu’il adore.

Enfin, la situation est très menaçante pour son égo, car ce nouveau poste était une source d’affirmation sociale pour Pierre, et il sait qu’il s’il perd le poste, il devra subir encore une fois les railleries de certains membres de sa famille. La situation est très stressante pour Pierre, car elle comporte les quatre caractéristiques du CINÉ. Son irritabilité auprès de son fils fait en sorte que son stress déborde maintenant sur ses enfants et il est donc possible que le petit ait, lui aussi, une réponse de stress, car c’est maintenant Papa qui devient un élément d’imprévisibilité pour l’enfant, qui produit alors lui-même une réponse de stress en réponse au comportement de son père. »

« [c]omme je l’ai déjà écrit, on ne pourra JAMAIS éradiquer les stresseurs de nos vies. Jamais. On ne pourra jamais empêcher les autres de prendre de mauvaises décisions, on ne pourra jamais protéger nos enfants contre tout changement de vie, on ne pourra jamais empêcher les gens en position d’autorité d’en abuser, et on ne pourra jamais ralentir le vieillissement de nos parents.

Et c’est très bien ainsi, car ce n’est pas en posant ces gestes qu’on pourra anéantir notre stress. La raison en est simple. Sans réponse de stress, nous serions tous morts. C’est en fait la réponse de stress qui a permis à nos ancêtres de survivre aux mammouths de la préhistoire en les chassant pour les manger. Sans réponse de stress, ils n’auraient jamais pu les abattre et assurer la survie de la race humaine. »

« Je suis sceptique en regardant cette annonce à la télévision qui montre un homme, les yeux cachés par les mains, pendant qu’en arrière-fond, on nous parle de la dépression en milieu de travail. Soudainement, l’homme retire ses mains pour alors apercevoir tous ses collègues avec ballons, gâteau et flûtes, venus l’accueillir après son absence au travail pour cause de dépression. Je suis désolée, mais ce n’est vraiment pas comme cela que les choses se passent dans la vraie vie. La plupart du temps, le retour au travail de gens qui ont dû quitter le travail pour dépression ou épuisement professionnel est très difficile, et ces gens doivent faire face au jugement des pairs quand à la faiblesse potentielle qu’ils ont démontrée en tombant en épuisement professionnel ou en dépression.

Est-ce que la dépression et l’épuisement professionnel sont vraiment dus à une faiblesse de l’individu, ou se pourrait-il que, pour des raisons qu’on ne connaît pas encore (génétique, histoire de vie, etc.), lorsque les hormones de stress accèdent au cerveau des gens, elles auraient pour effet de modifier leur façon de voir le monde de telle sorte que, tranquillement, le verre devient à moitié vide plutôt qu’à moitié plein? »

« [D]e nos jours, nous ne sommes plus aux prises avec beaucoup de situations où la menace à la survie fait partie du quotidien. Nos sociétés contemporaines sont riches, éduquées, sécuritaires, et comportent donc bien moins de stress absolu qu’au temps des mammouths.

[…]

En d’autres termes, notre cerveau ne fait pas la différence entre un stress absolu (qui menace notre survie)et un stress relatif (le fameux CINÉ). Pour notre cerveau Ginette qui nous égratigne l’égo près de la machine à café tous les mardis matin, c’est la même chose qu’un mammouth au temps de la préhistoire. En ne faisant pas la distinction entre un stress absolu et un stress relatif, notre cerveau génère la même réponse de stress dans les deux cas. »

« Un petit exemple illustrera mon propos. Imaginons d’abord que vous êtes un homme préhistorique et qu’un beau matin, vous regardez les membres de votre tribu et vous vous rendez compte qu’ils ont faim. Vous décidez alors de partir à la chasse au mammouth, question de pouvoir nourrir la tribu. Vous partez, javelot à la main, accompagné de vos guerriers les plus féroces. Au détour d’une vallée, vous tombez sur un mammouth de six tonnes. On s’entend pour dire que ceci constitue un stress absolu pour vous. Maintenant, revenons au XXIe siècle. Il est 8h30 du matin. Ceci est un stress relatif, car, selon que vous ayez ou non un rendez-vous à 9h, vous pourrez ou non générer une réponse de stress (imprévisibilité, absence de contrôle). Dans votre cas, vous avez un rendez-vous à 9h avec votre patron. Vous subissez donc un stress relatif.

[…]

Le sentiment de crispation sur le volant que vous vivez lorsque vous stressez dans le trafic, c’est de l’énergie mobilisée non dépensée. »

« [R]appelez-vous que le stress relatif implique que selon que l’on interprète une situation comme étant nouvelle, et/ou imprévisible, et/ou sans contrôle, et/ou menaçante pour notre égo, nous allons générer une réponse de stress. Ceci implique que, de nos jours, une situation n’est stressante que si nous l’interprétons comme étant nouvelle, imprévisible, sans contrôle ou menaçante pour votre égo. Modifier votre interprétation, et vous pourrez prévenir une réponse de stress qui pourrait vous être nocive à long terme. »

 

Sonia Lupien