Fonder une famille – réflexion

Alors voilà, je n’ai plus de grands-parents. Ma grand-mère s’est éteinte il y a une semaine. C’est un deuil à faire, et cela m’a replongée dans certaines réflexions que j’avais amorcées il y a un moment.

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Adieu Grand-Maman (titre non officiel), par Marianne Houle

Quand ma fille est née et que je me suis retrouvée au fond du précipice de la dépression, j’ai exploré quelques pistes. Je me suis rendu compte que pendant ma grossesse, et même avant, je n’ai jamais pris le temps de rêver ma maternité, ni même essayé de l’imaginer. J’étais toujours angoissée par tout plein de possibilités négatives, comme la possibilité que je sois infertile quand on essayait de concevoir (ça a pris 20 mois), ou la possibilité de faire une fausse couche, ou encore la possibilité que mon enfant naisse avec un bras dans le front…! J’exagère, mais c’est pour illustrer le fait que mon imagination créait toutes sortes de « probabilités » futures, que je transformais rapidement en angoisses (peu importe le degré de réalisme de ces fruits de mon imagination).

Mon exploration m’a menée à m’intéresser à un atelier nommé Reflet des générations, qui est offert par l’organisme communautaire Entre-mamans, situé dans Hochelaga. Au cours de cet atelier, nous (les participantes) avons parlé de notre environnement familial, de comment ça se passait dans notre famille immédiate quand nous étions petites, de nos relations avec les membres de nos familles éloignées… Nous avons même fait des génogrammes de nos familles! Un génogramme, c’est comme un petit arbre généalogique, mais qui indique les liens affectifs et psychologiques entre les différents membres de la famille. En voici un exemple. Le fait d’avoir une vue d’ensemble de ma famille et des différents rôles de chacun m’a fait comprendre beaucoup de choses et m’a aidée à construire une réflexion plus poussée sur le concept de la famille en général et de la mienne en particulier. Ça m’a aussi aidée à me positionner comme mère et à mieux comprendre mes forces et mes faiblesses. Si l’atelier vous intéresse, la session d’automne commence le mardi 11 novembre (cherchez « générations » dans la page).

Ça, c’est mon expérience à moi. J’ai fait un long bout de chemin dans le déni avant de commencer à réfléchir à la mère que je voulais être, et ça, c’est MON problème. Mais je crois tout de même que dans le monde dans lequel on vit, on n’a pas beaucoup d’espace pour se poser ce genre de questions (et encore moins y répondre!) :

  •  De quel milieu familial viennent mes parents?
  •  Quelle a été mon expérience en tant qu’enfant?
  • Quel genre de parents ont été mes propres parents?
  •  Qu’est-ce que je veux transmettre?
  •  Pourquoi je veux un/des enfant/s?
  • Quel genre de parent j’aimerais être?

Ce sont des questions qui touchent des sujets importants. Dans un monde idéal, j’ai l’impression que tous les gens qui veulent des enfants devraient faire une réflexion de ce genre. Comme dit Chantal Lavigne, « Préparer la venue d’un bébé, c’est plus que de décorer une belle chambre. » « À mon avis, ce qui importe c’est de prendre position, de se situer et de définir les valeurs de la famille que vous êtes en train de construire. »* Selon moi, l’idée, c’est de réfléchir à ce que vous voudriez. Ce n’est pas obligé d’être bien défini, vous n’avez pas à trouver des réponses à toutes ces questions, ça peut changer en cours de route, vous pouvez même décider de faire le contraire, en fin de compte! Mais je crois que c’est important de se poser ce genre de questions. Surtout si vous les fuyez. (Bon, c’est sûr que si mes questions vous angoissent et que malgré toute votre bonne volonté, vous n’arrivez pas à y réfléchir et que ça vous fait plus de mal que de bien, oubliez ça! Mon objectif, ce n’est surtout pas de vous mettre plus d’angoisses dans la tête. Au pire, gardez cette réflexion pour plus tard.)

Dans mon cas, je fuyais (inconsciemment) ces questions parce que j’étais persuadée que toutes les réponses que je trouverais me prouveraient que je serais la pire mère au monde. Je ne me laissais aucune place pour réfléchir et pour m’améliorer. C’est maintenant que je me rends compte que c’est très important, la réflexion, quand on veut devenir parent ou qu’on est sur le point de le devenir. C’est beaucoup plus important que tout ce que vous pourriez acheter pour le bébé! Comme le dit Marianne Prairie dans le livre La première fois que… « La préparation intensive peut être un bon antidote à l’anxiété, mais vous préparer ne devrait pas vous rendre anxieux. Vous n’avez pas besoin de tout avoir, tout de suite. La seule chose obligatoire, c’est le siège d’auto pour que vous puissiez sortir de l’hôpital ou de la maison de naissance. » (La réflexion aussi, c’est important, mais pas au point de vous faire faire des crises d’angoisses.)

Alors, quel genre de famille aimeriez-vous fonder? Est-ce que ce genre de question vous angoisse ou vous stresse?

* Par contre, je ne suis pas d’accord avec elle au sujet du mur de briques. Selon moi, un mur de briques, ça isole.

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Auteur : petitesvagues

Ma photo de profil est un dessin de la bande dessinée La petite patrie (Julie Rocheleau et Normand Grégoire)

3 thoughts on “Fonder une famille – réflexion”

  1. Super intéressant. Ce sont des réflexions qu’il est intéressant d’avoir en amont de la naissance, idéalement. Mais en même temps, c’est difficile de se positionner par rapport à la famille que l’on veut bâtir avant que ça ne devienne une réalité. Et c’est encore plus difficile de partager ces réflexions-là avec l’autre parent.

    La démarche de Reflet des générations a l’air vraiment intéressante. Je suis un peu déçue d’être trop loin de montréal pour envisager d’y participer.

    1. Moi-même je ne l’ai pas faite, cette réflexion en amont, alors je peux bien prêcher! Et c’est tellement abstrait… En fait, c’est surtout par rapport à nos propres parents que j’ai l’impression qu’il faut se positionner (« Est-ce que je veux reproduire ceci? » « Est-ce que je veux éviter à tout prix de reproduire cela? » etc.). Quitte à changer d’idée quand on est dans le concret (« Finalement,je comprends tellement mon père d’avoir fait ceci… » ou au contraire « Finalement, je veux faire cela différemment de ma mère… »). Enfin, j’ai bien beau parler, c’est vraiment un billet qui a été difficile à écrire, parce que je ne suis certaine de rien… Et chaque situation est différente!

      Pour l’atelier, peut-être faire une recherche dans Google avec les mots « atelier » et « génogramme », en plus du nom de ta région? Il semble y en avoir quelques-uns du genre qui sont donnés au Québec.

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