Citation – Il n’y a pas de parent parfait

Je viens de terminer la lecture du livre Il n’y a pas de parent parfait, d’Isabelle Filliozat. Je ne vous le recommande pas nécessairement, parce que je trouve qu’il s’applique beaucoup à la réalité de la France et que je ne suis pas nécessairement d’accord avec tout ce que l’auteure préconise. Mais je tenais quand même à partager une citation de ce livre qui m’a fait du bien. Elle aborde le thème de la culpabilité, dont j’ai déjà parlé ici et ici. Je trouve que c’est un sujet important, car ce sentiment semble paralyser bien des mères, moi y compris!

« Pour ne plus culpabiliser[…]

Nous l’avons vu, le sentiment de culpabilité nous centre sur nous-même et nous empêche souvent de résoudre les problèmes. Il est un frein à la relation et un poids inutile sur nos épaules. De deux choses l’une, soit nous sommes coupable, auquel cas, il s’agit de prendre nos responsabilités et de réparer, soit nous ne le sommes pas, le sentiment de culpabilité est donc malvenu.

On peut éprouver un sentiment de culpabilité par rapport à un acte que nous avons posé ou une conséquence sur autrui d’une de nos attitudes. En revanche, quand le sentiment de culpabilité est global « Je suis une mauvaise mère, j’ai tout raté », il ne parle pas de la relation à l’enfant, mais d’un jugement qui nous vient plus probablement de notre propre enfance. […]

Par rapport à un acte, une conséquence, vérifions honnêtement la réalité de notre culpabilité. En effet, la plupart du temps, nous avons tendance à éprouver des sentiments de culpabilité dans des situations sur lesquelles nous n’avons aucun pouvoir. C’est souvent ce manque de pouvoir même qui déclenche abusivement le sentiment de culpabilité. La victime se sent souvent coupable au contraire du vrai coupable.

Le sentiment de culpabilité nous retient de blesser autrui et en ce sens il est utile et constructif. Il ne s’agit donc pas de le gommer totalement. Nous nous attaquons ici au sentiment purement destructif de l’image de soi et des relations.

  • A) Je suis réellement totalement responsable
  • B) Je suis partiellement responsable
  • C) Je ne suis pas responsable du tout

Selon ce que j’ai coché :

A) J’accueille, voire je favorise et j’écoute la colère de mon enfant, puis je répare.

B) Je fais la part des responsabilités, j’assume toute la mienne et rien que la mienne. Je ne protège pas l’autre parent ou qui que ce soit. Se sentir coupable est parfois une manière de porter à la place de quelqu’un d’autre…

C) J’identifie la perte ou la blessure subie, l’humiliation ou la frustration de mes besoins. Dans cette situation, je ne suis pas sujet, je ne suis pas décisionnaire… Je reconnais mon sentiment de culpabilité comme un retournement contre moi de ma frustration. C’est une tentative inconsciente pour me sentir au contrôle. J’accepte mon sentiment d’impuissance. J’ose sentir les émotions que je réprimais.

Les sentiments de culpabilité éprouvés excessivement sont un bon indice de présence d’émotions de peur, terreur, colère, rage, dégoût… encore refoulées en soi. Au fur et à mesure du travail sur soi et des progrès dans la conscience de soi, ils diminuent au profit de la responsabilité et du sentiment d’avoir du pouvoir sur sa propre vie. »

Je ne suis pas certaine que ses trois options s’appliquent à tout dans la vie, mais je trouve que c’est très utile quand même!

9782709625845-G

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Le strict miminum

Je continue à réfléchir sur les concepts de « bonne mère » et de « mauvaise mère » (ici et ici)… Je crois que je sais maintenant pourquoi je ne lis jamais de livres sur le sujet de la maternité en général… (J’ai fait une exception pour La première fois que…!) J’ai bien trop peur de me retrouver dans la définition de « mauvaise mère »! Je sais bien que sur le long terme, le déni, ça n’aide personne, mais… des fois c’est trop dur de se regarder en face.
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Quand je pense à mes responsabilités, je me dis que je ne peux pas être responsable de tout, tout le temps. Oui, ma fille n’a pas demandé à venir au monde et elle est extrêmement vulnérable, ça c’est indéniable, et je me le rappelle tous les jours. C’est une énorme responsabilité être parent, je le savais avant de concevoir. Mais on ne peut pas me tenir responsable de TOUT. Il y a des choses qui sont complètement hors de mon contrôle. Je suis un être humain. Je ne suis pas un dieu, encore moins une déesse. Je continue à apprendre à mesure que ma fille grandit et change. Je fais du mieux que je peux.
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Alors voilà, j’ai décidé de faire une liste du strict minimum que je devrais faire pour ne pas tomber dans la catégorie de « mauvais parent » (le pendant inclusif de « mauvaise mère », quoique je doute que les hommes aient envie de se retrouver dans cette catégorie!). Note à moi-même : Cette liste est loin d’être exhaustive : je l’écris simplement pour me rappeler que souvent, quand je trouve que je suis horrible, il y a des extrêmes que je ne franchis pas. Des fois, à force de toujours se faire dire qu’on fait toutte tout croche comme parent, on peut en venir à ne plus rien faire, ou encore à faire TOUT à l’opposé de ce que la norme sociale dicte (sans même y penser).
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J’aime mieux me ramener au neutre, pour ensuite être en mesure de recommencer à essayer de m’améliorer. Bon, ça c’est comment je me sens aujourd’hui, en 2014, avec UNE fille de deux ans. Je vais sûrement changer d’avis plus tard, selon les circonstances et avec l’expérience. Voici quand même ma liste.
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Le STRICT minimum, pour moi, en ce moment, c’est :
  • Alimentation – Si je n’empoisonne pas mon enfant et qu’il n’a pas de carences graves, ça va.
  • Période de jeu – Si je joue avec mon enfant pendant 20 minutes dans la journée, ça va. (Je commence petit! S’il y a une journée où ce n’est pas possible, je fais au moins le double la période de jeu le lendemain.)
  • Expression de l’amour – Si je lui dit que je l’aime une fois par jour, ça va. (Il y a des journées plus difficiles où il n’y a pas vraiment d’occasion de le faire. Pour ces journées-là, je peux lui dire que je l’aime pendant son sommeil. C’est beaucoup moins efficace comme communication, mais pour ces journées-là, c’est mieux que rien.)
  • Milieu de vie – Si mon enfant a au moins une surface propre où dormir et une pour manger, ça va.
Ça, c’est le strict minimum. Le but, c’est d’aspirer à mieux, tout en m’assurant de lui offrir au moins le strict minimum.
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Je peux imaginer que ma liste choque certaines personnes. Elle me sert surtout à conserver ma santé mentale, dans le but de devenir une meilleure mère pour ma fille. Vous en pensez quoi?
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Fonder une famille – réflexion

Alors voilà, je n’ai plus de grands-parents. Ma grand-mère s’est éteinte il y a une semaine. C’est un deuil à faire, et cela m’a replongée dans certaines réflexions que j’avais amorcées il y a un moment.

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Adieu Grand-Maman (titre non officiel), par Marianne Houle

Quand ma fille est née et que je me suis retrouvée au fond du précipice de la dépression, j’ai exploré quelques pistes. Je me suis rendu compte que pendant ma grossesse, et même avant, je n’ai jamais pris le temps de rêver ma maternité, ni même essayé de l’imaginer. J’étais toujours angoissée par tout plein de possibilités négatives, comme la possibilité que je sois infertile quand on essayait de concevoir (ça a pris 20 mois), ou la possibilité de faire une fausse couche, ou encore la possibilité que mon enfant naisse avec un bras dans le front…! J’exagère, mais c’est pour illustrer le fait que mon imagination créait toutes sortes de « probabilités » futures, que je transformais rapidement en angoisses (peu importe le degré de réalisme de ces fruits de mon imagination).

Mon exploration m’a menée à m’intéresser à un atelier nommé Reflet des générations, qui est offert par l’organisme communautaire Entre-mamans, situé dans Hochelaga. Au cours de cet atelier, nous (les participantes) avons parlé de notre environnement familial, de comment ça se passait dans notre famille immédiate quand nous étions petites, de nos relations avec les membres de nos familles éloignées… Nous avons même fait des génogrammes de nos familles! Un génogramme, c’est comme un petit arbre généalogique, mais qui indique les liens affectifs et psychologiques entre les différents membres de la famille. En voici un exemple. Le fait d’avoir une vue d’ensemble de ma famille et des différents rôles de chacun m’a fait comprendre beaucoup de choses et m’a aidée à construire une réflexion plus poussée sur le concept de la famille en général et de la mienne en particulier. Ça m’a aussi aidée à me positionner comme mère et à mieux comprendre mes forces et mes faiblesses. Si l’atelier vous intéresse, la session d’automne commence le mardi 11 novembre (cherchez « générations » dans la page).

Ça, c’est mon expérience à moi. J’ai fait un long bout de chemin dans le déni avant de commencer à réfléchir à la mère que je voulais être, et ça, c’est MON problème. Mais je crois tout de même que dans le monde dans lequel on vit, on n’a pas beaucoup d’espace pour se poser ce genre de questions (et encore moins y répondre!) :

  •  De quel milieu familial viennent mes parents?
  •  Quelle a été mon expérience en tant qu’enfant?
  • Quel genre de parents ont été mes propres parents?
  •  Qu’est-ce que je veux transmettre?
  •  Pourquoi je veux un/des enfant/s?
  • Quel genre de parent j’aimerais être?

Ce sont des questions qui touchent des sujets importants. Dans un monde idéal, j’ai l’impression que tous les gens qui veulent des enfants devraient faire une réflexion de ce genre. Comme dit Chantal Lavigne, « Préparer la venue d’un bébé, c’est plus que de décorer une belle chambre. » « À mon avis, ce qui importe c’est de prendre position, de se situer et de définir les valeurs de la famille que vous êtes en train de construire. »* Selon moi, l’idée, c’est de réfléchir à ce que vous voudriez. Ce n’est pas obligé d’être bien défini, vous n’avez pas à trouver des réponses à toutes ces questions, ça peut changer en cours de route, vous pouvez même décider de faire le contraire, en fin de compte! Mais je crois que c’est important de se poser ce genre de questions. Surtout si vous les fuyez. (Bon, c’est sûr que si mes questions vous angoissent et que malgré toute votre bonne volonté, vous n’arrivez pas à y réfléchir et que ça vous fait plus de mal que de bien, oubliez ça! Mon objectif, ce n’est surtout pas de vous mettre plus d’angoisses dans la tête. Au pire, gardez cette réflexion pour plus tard.)

Dans mon cas, je fuyais (inconsciemment) ces questions parce que j’étais persuadée que toutes les réponses que je trouverais me prouveraient que je serais la pire mère au monde. Je ne me laissais aucune place pour réfléchir et pour m’améliorer. C’est maintenant que je me rends compte que c’est très important, la réflexion, quand on veut devenir parent ou qu’on est sur le point de le devenir. C’est beaucoup plus important que tout ce que vous pourriez acheter pour le bébé! Comme le dit Marianne Prairie dans le livre La première fois que… « La préparation intensive peut être un bon antidote à l’anxiété, mais vous préparer ne devrait pas vous rendre anxieux. Vous n’avez pas besoin de tout avoir, tout de suite. La seule chose obligatoire, c’est le siège d’auto pour que vous puissiez sortir de l’hôpital ou de la maison de naissance. » (La réflexion aussi, c’est important, mais pas au point de vous faire faire des crises d’angoisses.)

Alors, quel genre de famille aimeriez-vous fonder? Est-ce que ce genre de question vous angoisse ou vous stresse?

* Par contre, je ne suis pas d’accord avec elle au sujet du mur de briques. Selon moi, un mur de briques, ça isole.