Lettre à ma fille

Poupinette chérie,

Si tu lis ceci, c’est que tu as lu ou que tu t’apprêtes à lire mes billets de blogue.

Tout d’abord, je tiens à te dire une chose : Je t’aime. À cause de la fréquence des émotions négatives ou des expériences difficiles qui parsèment ce blogue, ça se pourrait que tu en doutes. Je veux que tu saches que tu n’as absolument rien à voir avec ma dépression ni avec mes difficultés. Absolument. RIEN. À voir. Ce sont MES démons, MES difficultés d’adaptation, MES entêtements qui m’ont menée ici. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour éviter que ça t’affecte. Entre autres, j’espère que ma dépression n’a pas eu trop d’effets sur toi.

En fait, il faut que je replace mes écrits dans leur contexte. Je suis devenue mère dans un milieu où la maternité est considérée comme une expérience magique qui n’a que de bons côtés. J’aurais dû savoir que ce qui m’était décrit était trop beau pour être vrai! Selon moi, la maternité a ceci de commun avec toutes les autres expériences humaines : il y a du bon et du mauvais, du facile et du difficile, de la joie et de la tristesse. C’est une expérience très intense, alors le bon est souvent extrêmement bon, et le mauvais, extrêmement mauvais. Pourtant, il y a encore plein de gens qui se bornent à ne parler que du bon et, surtout, qui gardent le mauvais tapi au fond d’eux, comme un secret dont ils ont honte. Le problème, c’est que lorsqu’on est confronté à l’extrêmement mauvais, on se dit qu’on est un mauvais parent parce qu’on n’aime pas l’extrêmement mauvais…. Mais ça n’a rien à voir! On peut très bien trouver certaines parties de la parentalité très difficiles sans que ça veuille dire qu’on est un mauvais parent ou qu’on n’aime pas son enfant! Mes textes sont souvent une réaction à cet état des choses actuel.

Alors voilà, je tiens à terminer en te disant que je t’aime. Tu es une petite fille fantastique, pleine d’imagination et de vivacité. Parmi mes moments préférés avec toi, il y a :

– Quand on lit une histoire collées-collées

– Quand tu me fait un câlin et que tu me tapotes le dos

– Quand tu souris ou que tu ris

– Quand tu danses

– Quand tu es surprise et que tu dis « Oh! » à répétition

– Quand tu t’élances dans une pile de linge comme si c’était une pile de feuilles d’automne

– Quand tu es toi

Merci d’être là.

Maman

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Communautés de mamans

J’ai déjà glissé un mot sur le forum de mamans que je suis depuis plus de deux ans. Mon premier billet était très court et très positif, parce que 1- Je m’occupais d’un bébé de six mois, et 2- Ce forum m’a apporté beaucoup de positif. Encore aujourd’hui, j’écris presque chaque jour à ces mamans; elles font partie de ma vie et je les adore!

D’un autre côté, ça fait un bout de temps que je voudrais aborder un aspect moins positif des forums et des groupes de mamans, mais que je ne sais pas trop comment l’exprimer. Je vais y aller de front, puis je vais nuancer. Je commence par une citation du livre La première fois que… écrit par Marianne Prairie, dont je suis une groupie finie.

« Beaucoup de nouvelles mamans se mettent énormément de pression pour que leur vision idéalisée de la famille se matérialise. Certaines d’entre elles t’écrasent de leurs principes en béton pour se sentir plus légères. J’ai malheureusement l’impression que beaucoup de ces femmes se tiennent dans ces groupes parce que c’est la meilleure chose qu’elles peuvent accomplir. Perdre mon poids de grossesse, check. Stimuler mon bébé, check. Avoir une attitude passive-agressive, check. »

« J’ai vu trop de parents s’ériger les uns contre les autres en posant des jugements comme des briques autour d’eux. Ce sont des forteresses imaginaires qui protègent, certes, mais qui isolent aussi. À un moment donné, j’ai été obligée de donner un bon coup de masse dans la mienne pour que l’air puisse y entrer. Depuis, je réutilise les débris pour construire des ponts. »

Bon, en partant, je tiens à dire que je ne suis pas aussi catégorique qu’elle au sujet des groupes de mamans… mais je trouve qu’elle n’a pas tort. Avant de m’expliquer, je vais faire une distinction que je trouve importante. Pour moi, il y a trois sortes de groupes de mamans en ligne (je vais me limiter à ça, c’est ce que je connais!) : les groupes fermés, les groupes ouverts avec inscription et les groupes ouverts à tous. En règle générale, dans les groupes fermés, les femmes ne sont pas là exclusivement pour dire des énormités et passer des jugements hâtifs à gauche et à droite. Oui, ça arrive, mais ce n’est pas pour ça qu’elles s’inscrivent; c’est pour partager une expérience similaire (la grossesse et la maternité) et échanger sans avoir honte (des trucs pour soigner des hémorroïdes de la mort? check. héhéhé…). Les femmes utilisent leur compte personnel et apprennent à se connaître, alors c’est (un peu) moins propice à se bitcher sans se demander comment le message va être reçu.

Dans les groupes ouverts avec inscription (les groupes où les publications sont visibles par tous mais pour lesquels il faut s’inscrire pour publier), il y a un peu plus de risques de dérapage, mais comme il faut s’inscrire et qu’on n’a pas envie de se faire considérer comme « la fille qui a dénigré cette autre fille qui avait juste besoin de soutien », c’est plutôt rare (enfin, c’est mon expérience). Personnellement, je n’ai pas vraiment trouvé de groupes de ce genre qui me plaisait.

Dans les groupes ouverts à tous, n’importe qui peut publier n’importe quoi. Par exemple, si une mère dit qu’elle a pris cinq jours de congé avec son chum, sans bébé, parce qu’ils avaient vraiment besoin de se retrouver et que leur couple était au bord de la rupture, une autre peut (techniquement) dire que « sa na pas d’alure, d’abandoner son enfant de meme pis de le domper dans une gaderie pendant qu’elle se paye du luxe pour une semaine ». Ces deux personnes ne se connaissent pas; elles n’ont aucune idée des circonstances de vie de l’autre; elles ne « perdent » pas de temps en nuances et en réflexion… C’est le même principe que pour la plupart des commentaires qu’on trouve habituellement dans Internet, mais en mille fois plus intense étant donné le caractère personnel des sujets et le potentiel d’émotions (exponentiel!) de la maternité.

Cela dit, ce que j’ai trouvé très difficile, dès ma grossesse, c’est le degré de jugement qui s’abat sur toi quand tu tombes enceinte, et qui s’empire à mesure que ton bébé grandit. Je comprends pourquoi : Il faut s’occuper d’un autre être humain que soi-même, et c’est beaucoup de responsabilités. Mais tout de même, je trouve le jugement d’autrui un peu trop intense envers les parents. Et dans les groupes de mamans, souvent, tu te retrouves avec le jugement de plusieurs dizaines de mères en même temps. À un moment donné, ça peut devenir étouffant.

De plus, il y a certaines personnes qui ont tendance à le prendre personnel quand on ne fait pas la même chose qu’eux. Mais vraiment personnel. Comme si on leur flanquait une claque en pleine face et qu’on leur disait : « Ce que tu fais, là, c’est horrible. MOI je ne fais pas ça. » Si je fais quelque chose différemment d’une autre mère, ça ne veut pas dire que je pense qu’elle devrait vraiment changer sa façon de faire. PAS DU TOUT. Ce que que je fais, ben je le fais POUR MOI. Ce n’est pas une critique de ce qu’elle fait. (En plus, au début, on teste tellement d’affaires et on ne sait pas du tout où on en est!) De l’autre côté du spectre, il y a les personnes qui sont incapables de se remettre en question. Tout ce qu’elles font est irréprochable, et personne ne devrait les remettre en question, JAMAIS, même si la remise en question est nuancée, et gentille, et amenée de la façon la plus douce possible. (Bon, il y a des limites à remettre les autres en question aussi, hein! Avant de remettre en question les actes d’autrui, faut se demander comment on prendrait ça, nous, si quelqu’un nous disait quelque chose de similaire…)

Et je constate aussi que certaines personnes « se mettent énormément de pression pour que leur vision idéalisée de la famille se matérialise ». Ça donne beaucoup d’articles et de billets à saveur de nanane chimique, sans aucun agent naturel. C’est le fameux « J’me peux pus d’être comblééééée »! (Dans mon cas, ça a souvent davantage ressemblé à « J’me peux puuuuuus » tout court! Héhé…)

Mais malgré tous ces aspects plus négatifs des groupes de mamans, pour moi, les aspects positifs l’emportent en ce qui concerne les groupes fermés (où ce n’est pas tout le monde qui peut voir ce qu’on publie). Oui ça peut être difficile d’encaisser tout plein de jugements en même temps, mais c’est juste un condensé de la vie en général. Autant s’habituer tout de suite et se trouver des moyens de passer au travers. Oui il y a certaines personnes qui ont un côté harcelant ou qui manquent parfois d’empathie. Mais après un certain moment, on commence à mieux connaître ces personnes et à être plus au courant de leur circonstances. On est confronté à plusieurs réalités et plusieurs façons de faire, ce qui peut être très enrichissant! Et le sens de la communauté qui se dégage de ces rencontres improbables est assez touchant… Je vous invite donc à en essayer! Et si vous trouvez un groupe de mamans à votre goût, n’oubliez pas que :

1- L’expérience de mère d’une participante ne lui procure pas une spécialisation médicale, sociologique ou autre… Il est toujours mieux d’obtenir l’avis d’un professionnel pour certaines choses, et pour votre cas en particulier (p. ex. ce n’est pas parce que le médecin d’une telle a dit telle chose que cela s’applique nécessairement à vous)!

2- Lire sur les inquiétudes d’autrui, ça peut être angoissant. Prenez une pause ou laissez tomber le concept si ça ne vous convient pas. Ce n’est pas obligatoire, loin de là!

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Ooooh le beau cliché que voilà! 😉

La première fois que… Citations sur la grossesse et l’accouchement

Comme vous l’avez peut-être déjà deviné, je suis une fan finie de Marianne Prairie (voir ici, ici et ici)! Alors quand j’ai su qu’elle écrivait un livre sur la parentalité, j’me pouvais pus! J’ai attendu impatiemment la publication de son livre, intitulé La première fois que… Conseils sages et moins sages pour nouveaux parents, puis je l’ai dévoré (menoum menoum)! Et le résultat est à la hauteur de mes attentes! En vraie groupie, je vais vous titiller (ou harceler, hahaaaa!) avec des citations tirées de son livre…

À propos de la préparation en vue de l’arrivée d’un bébé :

« La préparation intensive peut être un bon antidote à l’anxiété, mais vous préparer ne devrait pas vous rendre anxieux. Vous n’avez pas besoin de tout avoir, tout de suite. La seule chose obligatoire, c’est le siège d’auto pour que vous puissiez sortir de l’hôpital ou de la maison de naissance. »

« Parlez

La solitude et le silence nourrissent votre hamster. »

« […] si toutes les remises en question persistent à la lueur du jour, vous empêchent de vaquer à vos occupations ou que l’insomnie vous tourmente nuit après nuit, n’hésitez surtout pas à consulter ou à en parler à votre médecin ou à votre sage-femme. »

À propos de l’accouchement :

« J’avais aussi ouï dire que j’allais être envahie d’un grand amour dès l’instant où je poserais mes yeux sur la chair de ma chair, si bien que j’oublierais les douleurs de l’enfantement. Peut-être même que des rayons de bonheur irradieraient du visage de mon nouveau-né, à moins que ce soit de mon entrejambe? J’m’en souviens plus. »

Pouahahahahaaaaaaaaaaa! Je vous ai-tu dit à quel point je l’adore? 😀

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