Le droit de parler du négatif même si je suis mère… autant que de parler du positif!

Ça fait plusieurs fois que je me fais dire que lorsqu’on est mère, on ne devrait pas exprimer le négatif, et ça me fâche, ce genre de commentaire. Personnellement, une des choses que j’ai trouvé le plus dur pendant ma dépression, c’est d’avoir l’impression de ne pas avoir le droit de parler de mes difficultés. J’étais maman, alors automatiquement, je DEVAIS être heureuse! Comme si les difficultés de la vie disparaissaient une fois qu’on devient mère… N’importe quoi! (D’ailleurs, c’est pour ça que j’ai créé un groupe Facebook sur la dépression post-partum et ses variantes, parce que je sens que ça fait du bien d’en parler!)

Si vous avez lu plus de deux de mes billets de blogue, vous vous en doutez probablement, mais je vous le dis pareil : Je suis un bizarre de mélange mélancolique-colérique. Disons mélancolérique, pour faire plus court. (Et non, ce n’est pas facile à vivre au quotidien! Mon chum pourrait en parler longtemps…) Et je revendique le droit de parler de mes difficultés et des choses plus négatives qui m’arrivent et que je ressens. C’est essentiel, pour moi.

D’un autre côté, c’est vrai que pour avoir le portrait global, il faut aussi parler du positif. Avant cette semaine, je croyais qu’on en parlait déjà assez, du positif dans la maternité, que c’était déjà placardé partout, alors c’est pour ça qu’en général, ça me tentait moins souvent de parler des aspects positifs : je trouve ça très stéréotypé et redondant! J’en lis à longueur de journée, des « Je ne pourrais pas être plus épanouie » et des « J’me peux pus d’être comblééééée ». Mais je vais faire un effort : je m’engage à parler plus souvent du positif sur ce blogue.

Je tiens quand même à dire à ceux qui pensent que les mères ne devraient pas exprimer le négatif : je vous emmerde! Si ce que je décris de négatif ne ressemble pas à votre réalité, ben tant mieux pour vous! Passez votre chemin! Mais je ne vois pas du tout en quoi le fait de l’exprimer soit une mauvaise chose… Pourquoi perpétuer les tabous? De mon point de vue, ça fait juste du tort…

 

calm-mom

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Auteur : petitesvagues

Ma photo de profil est un dessin de la bande dessinée La petite patrie (Julie Rocheleau et Normand Grégoire)

5 thoughts on “Le droit de parler du négatif même si je suis mère… autant que de parler du positif!”

  1. Je suis arrivée sur ton blogue via http://www.tplmoms.com/2014/07/11/vivre-avec-la-depression-perinatale-ou-le-jour-du-jugement-dernier

    J’ai survolé quelques uns de tes textes parce qu’en ce moment, je prends la maternité des autres à petites doses. Mon bébé est décédé à l’âge d’un mois alors je fais face à un deuil difficile. Mais pour différentes raisons, ça me fait du bien, les discussions sur la dépression post-partum et les émotions contradictoires face à la grossesse et à la maternité. Moi aussi je pense que dans tout ça, c’est important de parler du beau et du moins beau…

    J’ai écrit un texte où je parle du manque de ressources et d’espace pour vivre ces éléments difficiles qui font partie intégrante de la maternité. Si jamais ça te tente d’y jeter un coup d’oeil, c’est ici : http://lemarcassinenvole.wordpress.com/2014/06/17/guilt/#more-333 (c’est en anglais par contre)

    1. Merci Typhaine pour ton témoignage… Je viens de lire plusieurs de tes textes, et tu écris merveilleusement bien!

      C’est certain que quand je revendique le droit de parler du négatif, je ne le fais pas envers et contre tous. Je comprends parfaitement que ce n’est pas approprié de parler du négatif à certaines personnes qui, comme toi, ont vécu ou vivent des situations très pénibles et horribles en lien avec la maternité ou les enfants. Je tiens à préciser que les personnes qui m’ont dit que je ne devrais pas exprimer le négatif à l’égard de la maternité n’avaient pas évoqué des histoires comme la tienne, sinon je ne me serais pas permis de leur dire que je les emmerde.

      Oufff quelle histoire que la tienne! J’en suis encore toute retournée… Merci d’avoir le courage d’exprimer les émotions qui t’assaillent! Merci, malgré tout…

      1. Merci à toi.

        Il y a des moments pour parler de chaque chose, je crois, et des façons de le faire. Ça m’est arrivé de vouloir crier quand quelqu’un se plaignait à moi d’avoir du se lever trop tôt à cause de son bébé (quand il n’y a rien que je voudrais plus) mais en même temps, je reconnais que les parents (et les non-parents aussi) vivent plein de choses difficiles qui sont valides, et qui méritent d’être exprimées…

      2. Tout comme ton deuil, ta tristesse et ton désarroi méritent d’être exprimés… Quand tu te sens à l’aise d’en parler, ou tout simplement quand tu en as envie, je t’encourage à partager ce que tu veux bien partager aux parents qui se plaignent. Les difficultés ne s’annulent pas… Elles coexistent. Mais ce serait bien quand même que les parents qui te parlent aient une petite idée de ce qu’ils peuvent déclencher quand ils disent certaines choses… Mais bon, je ne suis pas dans ta situation; la vérité c’est que même si tu écris extraordinairement bien, j’ai une vague idée de ce que tu vis, mais je ne suis pas du tout à ta place… Arfff les mots me manquent… J’espère que je n’ai pas écrit trop de stupidités.

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