Par amour du stress – Citations

Alors, comme je viens de découvrir que le fait d’avoir un enfant, c’est stressant et anxiogène, je lis en ce moment un livre qui me fait beaucoup de bien et qui m’aide à comprendre le stress et à relativiser… Voici quelques citations tirées de ce livre un peu trop technique… Mais que j’aime beaucoup! Le titre complet est Par amour du stress – Des conclusions scientifiques – une présentation facile, et l’auteure est Dre Sonia Lupien.

« Lorsque le cerveau détecte une situation menaçante, il enclenche une série d’actions qui fait en sorte que nous allons produire des hormones de stress. Ces hormones sont produites pour nous permettre de faire les deux seules choses qu’on peut faire devant un danger : combattre ou fuir.

Pour poser l’un ou l’autre de ces gestes, nous avons besoin d’énergie. Ce sont donc ces deux hormones qui vont nous fournir l’énergie nécessaire pour combattre la menace ou fuir, si le risque est trop important. C’est cette superbe réponse qui nous a permis de chasser les mammouths de la préhistoire ou de les fuir avec succès lorsqu’ils étaient trop gros.

Toutefois, la recherche a aussi démontré que lorsqu’elles sont sécrétées, ces hormones ont la capacité de remonter au cerveau et d’affecter notre mémoire et la régulation de nos émotions en agissant sur les régions du cerveau impliquées dans ces activités. C’est l’action de ces hormones de stress sur le corps et le cerveau qui explique qu’une production importante de ces hormones sur une base chronique est à la base de différents désordres physiques et mentaux liés au stress dit chronique. »

« Le stress, c’est du CINÉ

[…l]es gens vont produire une réponse biologique de stress lorsqu’ils sont exposés à une situation comprenant l’une ou plusieurs de ces caractéristiques.

CONTRÔLE : Vous devez avoir l’impression que vous n’avez pas le contrôle sur la situation.

IMPRÉVISIBILITÉ : La situation doit être imprévue ou imprévisible pour vous.

NOUVEAUTÉ : La situation doit être nouvelle pour vous.

ÉGO MENACÉ : La situation doit être menaçante pour votre égo.*

*Une note sur l’égo : L’égo est ce qui caractérise notre personnalité par rapport à celle des autres. Si je vous demandais de vous décrire, vous sauriez quoi me dire. Vous pourriez par exemple me dire que vous êtes quelqu’un de généreux, drôle et sportif. Chaque fois qu’on entre en relation avec quelqu’un, il y a toujours un risque que notre égo soit menacé.

Voici un exemple : vous êtes à la machine à café au travail et un collègue remet en question votre capacité de bien effectuer votre travail, et ce, devant deux de vos patrons. Le petit sentiment que vous vivez lorsque vous revenez à votre bureau (crispation des mains, sentiment de chaleur et augmentation du rythme cardiaque), c’est cela une réponse de stress! Comme je m’amuse souvent à le dire, la machine à café au travail peut parfois se révéler un appareil dangereux pour l’égo! »

« La chose qui me surprend le plus dans le cadre de mes recherches, c’est lorsque je demande à tous les gens stressés que j’étudie de me donner l’origine de leur stress, plus des trois quarts d’entre eux ne savent absolument pas quoi me répondre. En d’autres termes, ils ressentent ce stress d’une manière chronique, parfois brutale, mais ils sont incapables d’en définir la cause. »

Exemple :

« Pierre, 41 ans

Père de deux enfants, Pierre vient de recevoir une promotion au sein du service en question et il en est très fier. En effet, il a travaillé pendant 10 ans pour obtenir cette promotion, et ce, bien souvent au détriment de sa vie familiale. Sa femme ne manque d’ailleurs aucune occasion de le lui souligner. De plus, son nouveau poste lui permet bien souvent de fermer le clapet de son beau-frère, Yves, lors des fêtes de famille au cours desquelles il s’amusait auparavant à le taquiner sur son emploi « bas niveau ». Avec cette annonce de la part du nouveau patron [profonde restructuration de la compagnie], il a peur de perdre son nouveau poste et d’être rétrogradé à son ancienne responsabilité, moins prestigieuse, ce qui ne manquera pas de faire jaser encore le beau-frère Yves. De plus, il ne sait pas comment il pourra annoncer à sa femme qu’il devra faire des heures supplémentaires, et ce, sans se retrouver devant un divorce. Mais s’il ne fait pas ces heures supplémentaires, il craint de perdre son nouveau poste. Il se sent stressé et littéralement pris au piège. Hier, il a encore perdu patience avec son jeune fils à qui il donnait le bain, et il s’est retrouvé à hurler à tue-tête avec le petit pour une raison anodine. Le petit s’est mis à pleurer et s’est réfugié dans les bras de sa mère qui a regardé Pierre avec des yeux furieux. Il déteste avoir de telles sautes d’humeur avec le petit qu’il adore, mais elles semblent devenir de plus en plus fréquentes à mesure que le temps avance. Le CINÉ de Pierre : pour Pierre, comme pour tous les autres employés du bureau, la situation est nouvelle, car personne ne s’attendait vraiment à une restructuration du service. De plus, la situation est imprévisible, car il ne sait pas s’il perdra son nouveau poste à cause de la réorganisation. Il a le sentiment qu’il n’a pas le contrôle sur la situation, car, s’il veut pouvoir reprendre le contrôle sur son emploi, il devra faire des heures supplémentaires, potentiellement au détriment de son mariage et de son fils qu’il adore.

Enfin, la situation est très menaçante pour son égo, car ce nouveau poste était une source d’affirmation sociale pour Pierre, et il sait qu’il s’il perd le poste, il devra subir encore une fois les railleries de certains membres de sa famille. La situation est très stressante pour Pierre, car elle comporte les quatre caractéristiques du CINÉ. Son irritabilité auprès de son fils fait en sorte que son stress déborde maintenant sur ses enfants et il est donc possible que le petit ait, lui aussi, une réponse de stress, car c’est maintenant Papa qui devient un élément d’imprévisibilité pour l’enfant, qui produit alors lui-même une réponse de stress en réponse au comportement de son père. »

« [c]omme je l’ai déjà écrit, on ne pourra JAMAIS éradiquer les stresseurs de nos vies. Jamais. On ne pourra jamais empêcher les autres de prendre de mauvaises décisions, on ne pourra jamais protéger nos enfants contre tout changement de vie, on ne pourra jamais empêcher les gens en position d’autorité d’en abuser, et on ne pourra jamais ralentir le vieillissement de nos parents.

Et c’est très bien ainsi, car ce n’est pas en posant ces gestes qu’on pourra anéantir notre stress. La raison en est simple. Sans réponse de stress, nous serions tous morts. C’est en fait la réponse de stress qui a permis à nos ancêtres de survivre aux mammouths de la préhistoire en les chassant pour les manger. Sans réponse de stress, ils n’auraient jamais pu les abattre et assurer la survie de la race humaine. »

« Je suis sceptique en regardant cette annonce à la télévision qui montre un homme, les yeux cachés par les mains, pendant qu’en arrière-fond, on nous parle de la dépression en milieu de travail. Soudainement, l’homme retire ses mains pour alors apercevoir tous ses collègues avec ballons, gâteau et flûtes, venus l’accueillir après son absence au travail pour cause de dépression. Je suis désolée, mais ce n’est vraiment pas comme cela que les choses se passent dans la vraie vie. La plupart du temps, le retour au travail de gens qui ont dû quitter le travail pour dépression ou épuisement professionnel est très difficile, et ces gens doivent faire face au jugement des pairs quand à la faiblesse potentielle qu’ils ont démontrée en tombant en épuisement professionnel ou en dépression.

Est-ce que la dépression et l’épuisement professionnel sont vraiment dus à une faiblesse de l’individu, ou se pourrait-il que, pour des raisons qu’on ne connaît pas encore (génétique, histoire de vie, etc.), lorsque les hormones de stress accèdent au cerveau des gens, elles auraient pour effet de modifier leur façon de voir le monde de telle sorte que, tranquillement, le verre devient à moitié vide plutôt qu’à moitié plein? »

« [D]e nos jours, nous ne sommes plus aux prises avec beaucoup de situations où la menace à la survie fait partie du quotidien. Nos sociétés contemporaines sont riches, éduquées, sécuritaires, et comportent donc bien moins de stress absolu qu’au temps des mammouths.

[…]

En d’autres termes, notre cerveau ne fait pas la différence entre un stress absolu (qui menace notre survie)et un stress relatif (le fameux CINÉ). Pour notre cerveau Ginette qui nous égratigne l’égo près de la machine à café tous les mardis matin, c’est la même chose qu’un mammouth au temps de la préhistoire. En ne faisant pas la distinction entre un stress absolu et un stress relatif, notre cerveau génère la même réponse de stress dans les deux cas. »

« Un petit exemple illustrera mon propos. Imaginons d’abord que vous êtes un homme préhistorique et qu’un beau matin, vous regardez les membres de votre tribu et vous vous rendez compte qu’ils ont faim. Vous décidez alors de partir à la chasse au mammouth, question de pouvoir nourrir la tribu. Vous partez, javelot à la main, accompagné de vos guerriers les plus féroces. Au détour d’une vallée, vous tombez sur un mammouth de six tonnes. On s’entend pour dire que ceci constitue un stress absolu pour vous. Maintenant, revenons au XXIe siècle. Il est 8h30 du matin. Ceci est un stress relatif, car, selon que vous ayez ou non un rendez-vous à 9h, vous pourrez ou non générer une réponse de stress (imprévisibilité, absence de contrôle). Dans votre cas, vous avez un rendez-vous à 9h avec votre patron. Vous subissez donc un stress relatif.

[…]

Le sentiment de crispation sur le volant que vous vivez lorsque vous stressez dans le trafic, c’est de l’énergie mobilisée non dépensée. »

« [R]appelez-vous que le stress relatif implique que selon que l’on interprète une situation comme étant nouvelle, et/ou imprévisible, et/ou sans contrôle, et/ou menaçante pour notre égo, nous allons générer une réponse de stress. Ceci implique que, de nos jours, une situation n’est stressante que si nous l’interprétons comme étant nouvelle, imprévisible, sans contrôle ou menaçante pour votre égo. Modifier votre interprétation, et vous pourrez prévenir une réponse de stress qui pourrait vous être nocive à long terme. »

 

Sonia Lupien

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Auteur : petitesvagues

Ma photo de profil est un dessin de la bande dessinée La petite patrie (Julie Rocheleau et Normand Grégoire)

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