Grossesse – Le rapport au corps

Pendant ma grossesse, j’ai vu le film Un heureux événement, que j’ai bien aimé, mais que j’ai trouvé un peu déprimant par moments et dont la vision idéalisée du couple m’avait un peu rebutée. Toutefois, il y a un aspect décrit dans le film qui m’a suivi pendant toute ma grossesse : quand on est enceinte, le rapport au corps change, et ensuite avec l’accouchement, il change encore davantage! Après avoir accouché, Barbara, le personnage principal, dit :

« Mon corps était devenu insensible. Je ne ressentais plus rien qu’une sorte de gêne. Infirmières, médecins, sage-femme, obstétriciens… Tellement de gens m’avait touchée, et de façon si mécanique, que désormais, tout était sacralisé. Mon sexe n’avait plus rien de sexuel. Il était devenu… Un endroit de passage. Déchiré, cousu, décousu. Mais jamais vraiment cicatrisé. »

J’avais trouvé ça un peu trop intense, mais je sentais déjà que je comprenais ce qu’elle voulait dire… Avec tous les rendez-vous médicaux du suivi de grossesse, je comprenais l’idée du « toucher mécanique » dont elle parlait. Et c’est vrai qu’avec toutes les hormones qui envahissent le corps de la femme enceinte et le petit bébé qui prend de plus en plus de place dans son ventre, la femme enceinte peut avoir l’impression que son corps ne lui appartient plus vraiment. Mais ce que j’ai trouvé le plus difficile, c’est le fait qu’à partir du moment où les gens savent que vous êtes enceinte, ils agissent comme s’ils considéraient que votre corps ne vous appartient plus. Le personnel médical a tendance à vous traiter comme si vous étiez un réceptacle à bébé… Certaines personnes veulent vous toucher sans avertissement, comme si soudainement les règles de bienséance n’existaient plus… Certains donnent des conseils (sur l’alimentation, sur les choses à faire, sur les choses à ne pas faire) tout aussi contradictoires les uns que les autres… C’est assez déstabilisant. Et ensuite, après l’accouchement, il faut tranquillement reprendre possession de son corps…

D’un autre côté, il y a un aspect positif de la grossesse qui m’a complètement surprise… Pour la première fois de ma vie, je me foutais de l’opinion des autres et des standards de beauté; je me trouvais belle comme j’étais! Enfin, pas tout le temps, mais souvent! J’ai même commencé à porter des robes pendant ma grossesse, ce que je refusais de faire avant…

le corps - Espoir-de-Gustav-Klimt

Accompagnante à la naissance

Personnellement, j’ai fait affaire avec une accompagnante à la naissance (aussi appelée « doula ») et je suis extrêmement satisfaite. Elle m’a donné plein de précieux renseignements et m’a accompagnée (haha!) dans mon cheminement vers l’accouchement. Mon accouchement ne se serait certainement pas déroulé aussi bien si elle n’avait pas été là. Le fait d’avoir quelqu’un avec moi qui me connaissait (nous avons eu quelques mois pour apprendre à nous connaître!) et qui avait des connaissances en périnatalité m’a beaucoup aidée à affronter l’accouchement avec confiance et à rester dans ma bulle tout au long de l’accouchement. Les infirmières en néonatalogie font un excellent travail (surtout celles de l’hôpital LaSalle!), mais elles ne peuvent pas être là tout au long de l’accouchement, alors que mon accompagnante a été là tout le long. Une accompagnante n’est pas une sage-femme ni une infirmière, mais elle a habituellement assez de connaissances pour vous aider efficacement. Voici le site du Réseau québécois d’accompagnantes à la naissance : http://www.naissance.ca. J’aime bien ce paragraphe du site du Réseau, qui décrit bien mon expérience :  » Par son support inconditionnel, [une accompagnante] appuie le couple dans ses décisions. Elle apporte un soutien physique entre autres par des massages, ou émotif, par ses encouragements. Elle suggère des positions facilitant le travail, la détente et la descente du bébé (ou la naissance). Elle rassure, suggère, écoute, respecte, bref, elle est là pour les soutenir dans ces moments si intenses. Elle aide le conjoint à maximiser sa présence. L’accompagnement respecte l’intimité du couple et laisse toujours la place de premier plan au conjoint. Elle est là pour guider les parents et les soutenir. »

Pour ce qui est du choix de mon accompagnante, j’ai choisi un peu au hasard, ne sachant pas trop quels critères je devrais prendre en considération. D’après ce qu’on m’a dit, les services d’une accompagnante peuvent coûter entre 600 $ et 1 200 $, tout dépendant du forfait choisi et d’autres facteurs (les tarifs varient beaucoup, mais en général ça tourne autour de ça). J’ai choisi un forfait avec quatre rencontres prénatales (pour me préparer à l’accouchement, entre autres) et une rencontre postnatale, en plus de la présence de l’accompagnante pendant l’accouchement. Celle-ci faisait affaire avec une entreprise qui fournissait des remplaçantes au cas où mon accompagnante ne serait pas disponible la journée de mon accouchement (étant donné que ça peut survenir n’importe quand). Je sais qu’il y a aussi des accompagnantes en pratique privée, qui souvent ont des tarifs un peu moins élevés. Il faut simplement s’assurer que l’accompagnante a une remplaçante, au cas où elle ne peut pas être présente lors de l’accouchement.

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