Ressources en santé mentale, et plus encore

Je suis en colère. (Je sais, ça ne commence pas bien un billet de blogue, mais la colère me motive à faire quelque chose, à la hauteur de mes moyens.) Depuis que j’ai parlé de ma dépression sur ce blogue, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. J’ai réalisé que ma dépression avait commencé pendant ma grossesse, ce qui veut dire que j’ai fait une dépression périnatale (pendant la grossesse+post-partum). Ça a été long, mais j’ai finalement réussi à me sortir de ma dépression.

J’ai continué à parler de santé mentale dans mon entourage, parce que ça me tient à cœur. Alors, comme c’est encore un sujet tabou, des gens se sont confiés à moi. Ils m’ont demandé quelles ressources j’avais utilisées. Ça m’a poussée à écrire le scénario d’une bande dessinée qui en parle un peu, qui a été publiée par le magazine Nouveau Projet. (Je n’ai pas pu dire grand-chose sur les ressources en 7 pages, mais c’est quand même un bon début.)  Je tiens à remercier mon ami David Samson, qui a illustré le tout et qui a travaillé sur le scénario : sans lui, cette BD n’aurait pas été lisible.

Sauf qu’il y a une constante qui revient toujours, dans les témoignages que je reçois. Y’a tellement de gens qui ont besoin d’aide en santé mentale, mais qui n’ont PAS LES MOYENS d’en avoir… C’est juste fucking triste. Et ça m’enrage, en même temps. Ce n’est pas normal, ce n’est pas correct, ce n’est pas juste.

J’ai donc décidé de rassembler tous les renseignements que j’avais glanés avec les années, et de faire une liste des ressources que j’ai pu trouver. J’ai eu l’aide d’un groupe de femmes fantastiques, qui m’ont fourni de l’information géniale, que j’ai mise dans la liste. Je vous invite donc à la consulter, ici :

https://www.facebook.com/notes/sara-houle/ressources-en-sant%C3%A9-mentale-et-plus-encore/1694563660587771/

Si jamais ça peut aider quelqu’un…

Allez, bon courage. xxxx

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Œuvre de David Samson

La fin

J’étais en train de lire un billet sur TPL Moms, quand le mot « dogmatisme » est revenu me hanter. Il y a plus d’un an, je l’avais utilisé pour parler de l’allaitement. C’est un mot qu’on n’utilise pas souvent, alors je suis allée me rafraîchir la mémoire… Pour comprendre « dogmatisme », il faut aller chercher la définition de « dogmatique » :

« Qui exprime ses opinions d’une manière péremptoire.  absolu, catégorique,doctrinaire, systématique. » (Petit Robert)

Je n’aime pas cette façon de définir la parentalité, par des dogmatismes, de façon très rigide et arrêtée. Je préfère la nuance et l’équilibre. (Malheureusement, j’ai bien du mal à mettre ces valeurs en pratique dans ma vie quotidienne, mais ça, c’est une autre histoire!) Je trouve qu’il y a beaucoup de dogmatismes qui font surface, quand on parle de maternité/parentalité, et ça m’éneeeerve! Après avoir eu une réaction épidermique au billet en question, je me suis demandé pourquoi il m’énervait tant que ça, ce billet. Souvent, quand quelqu’un m’énerve, c’est que la personne se permet de faire quelque chose que je ne me permet pas de faire (souvent parce que ça contredit mes valeurs). Dans ce cas-ci, c’est parce que l’auteure se permet de sous-entendre que selon elle, aucun enfant ne devrait avoir accès à un iPad ou autre outil techno du genre, ce que je trouve vraiment exagéré. D’ailleurs, je ne suis pas la seule!

***Modification : Je viens de lire le deuxième récit d’accouchement de l’auteure, qui m’a beaucoup touchée. Comme quoi, une personne ne se limite pas à un billet de blogue (évidemment)! Vous pouvez le lire ici.***

Cette constatation m’a fait beaucoup réfléchir. Le problème, c’est que ça m’arrive souvent de sous-entendre que les gens devraient faire ceci ou cela. Ça me rappelle une question que François Lemay avait posé à Marianne Prairie à l’émission La Sphère (en remplacement de Matthieu Dugal) « Est-ce que, parce qu’on est maman, on devient automatiquement experte en maternité? ». La réponse, évidemment, c’est non. Mais Marianne Prairie l’a si bien dit, on a besoin d’en parler de sa maternité, ça fait du bien… Je suis d’accord avec elle. Sauf que dans mon cas, en ce moment, j’ai l’impression que je me suis assez exprimée au sujet de ma maternité, et que je verse souvent dans les conseils et les sous-entendus. De plus, mon blogue s’appelle « Découvrir la maternité », et bien que je découvre encore des choses chaque jour, j’ai l’impression d’avoir passé cette période qu’on pourrait qualifier de « début de maternité » (ma fille a deux ans et demi), qui est sous-entendue dans le nom de mon blogue. Et en plus, des blogues comme le mien, il y en a des centaines, voire des milliers (surtout du côté anglophone)!

Je vous laisse donc sur ma mini-liste d’interlocuteurs incontournables et qui me font du bien, en matière de parentalité :

En français :

– Marianne Prairie (évidemment!) – elle ne publie pas souvent sur son blogue et sur sa page Facebook, mais elle a une chronique chez Châtelaine et chez Planète F, et on peut l’entendre régulièrement dans les médias.

– Véronique Grenier (Urbania, chronique à La Tribune, Les p’tits pis moé)

Une vie entre paren(thèses)

Avec Laurent

Planète F

Le marcassin envolé

– Annie Desrochers – On a mis quelqu’un au monde, Planète F

– Manal D. (Montée de lait, TPL Moms)

Emilie Cardin

Catherine Gendreau

La vie avec mon Zucchini

Maman Éprouvette

En anglais :

Renegade Mothering

Longest Shortest Time

Cup of Jo

Hands Free Mama

Je vous tire ma révérence! 🙂

Mon expérience personnelle

Je n’avais aucune amie qui était mère avant de le devenir moi-même (ni d’ami qui était père). Ces temps-ci, à mesure que mes amies deviennent mères, je me rends compte à quel point mon expérience personnelle de la maternité a été teintée d’émotions et d’événements négatifs. C’était déjà assez évident, mais là c’est très concret. Je vois mes amies vivre des étapes de la maternité par lesquelles je suis passée, et les différences me frappent. Par exemple, j’ai toujours dit que j’avais eu une grossesse plutôt facile, mais maintenant je me rends compte que ce n’est pas le cas. Les nausées (pas siii pire, à part les épisodes de vomi dans le métro), les maux de tête intenses pendant trois mois, le degré zéro d’énergie (même pas capable de lire alors que je suis supposée faire ça toute la journée! finalement, c’était un problème d’hypothyroïdie), les douleurs diverses, une doc qui se foutait carrément de moi (et qui a fait monter mon niveau d’anxiété en flèche), l’insomnie pendant au moins quatre mois, l’anxiété refoulée, les décisions stressantes à prendre à un moment où je voulais JUSTE dormir (bon ça, c’est probablement pas mal toutes les femmes enceintes qui vivent ça), la dépression pendant la grossesse, etc. Je n’écris pas ça pour me faire plaindre, c’est sûr qu’il y a des grossesses qui se déroulent de façon bien plus difficile! J’écris ça pour faire comprendre que mon expérience personnelle est particulière. On dirait que j’ai accumulé les expériences négatives. J’ai encaissé beaucoup.

Mais là, en ce moment, avec ma Poupinette de deux ans et demi, mon expérience est on ne peut plus positive! Je me surprend même à me trouver un peu compétente, des fois! Ça fait tellement du bien! Comme quoi, si vous filez un mauvais coton, si vous avez une expérience difficile de maternité, dites-vous que ça ne sera pas toujours comme ça. Un jour, vous allez vous sentir mieux! Gogogo, vous êtes capables!

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Mon accouchement

Ça fait un moment que j’ai envie de raconter mon accouchement, et là je suis tombée sur ce billet où une femme enceinte demandait de belles histoires d’accouchement… Alors voici la mienne! Désolée, je ne sais pas faire court… Et c’est trop une expérience importante pour tourner les coins ronds!

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Avant d’avoir une accompagnante, il faut savoir que l’idée même de l’accouchement me terrorisait! C’était mon premier enfant, et je ne savais pas à quoi m’attendre… Et comme j’ai toujours eu des menstruations très douloureuses, j’ai présumé que j’aurais davantage de douleur que la moyenne… Finalement, ça n’a pas été le cas! Et c’est grâce à Valéry, ma merveilleuse accompagnante!

Alors voilà, le mardi 12 juin, j’ai commencé à avoir des contractions irrégulières vers 20 h, mais je ne m’en suis pas trop préoccupée parce que j’en avais eu la veille, sans que ça aille plus loin. Vers minuit et demi, je me suis réveillée avec des contractions plus douloureuses. Après vérification sur mon app qui servait à consigner les contractions, elles étaient assez régulières (aux cinq minutes environ). J’ai attendu à la maison jusqu’à 4 h du matin, pour être certaine que c’était bien ça (j’ai même pris un bain, chose que je détestais faire dans mon minuscule bain à la maison!), puis je suis allée à l’hôpital. Vers 4 h du matin, les contractions étaient aux trois minutes. On aurait probablement pu attendre un peu plus longtemps à la maison, mais comme nous habitions à Longueuil et que l’hôpital où je voulais accoucher était à LaSalle, on est partis bien avant que les gens commencent à partir pour le travail afin d’éviter TOUTE possibilité de trafic. Le trajet a pris plus de 30 minutes (ça m’a semblé une éteeeernité!), et j’ai trouvé les contractions BEAUCOUP plus douloureuses dans la voiture!

Arrivée à l’hôpital, j’ai appris que la dilatation n’était pas encore très avancée… Déception! J’ai appelé Valéry pour lui donner un aperçu de la situation. Étant donné les circonstances, on avait toutes les deux l’impression qu’ils me renverraient chez moi, alors Valéry m’a dit de la rappeler s’il y avait des développements. À l’hôpital, on m’a donné accès à un bain tourbillon, mais ça ne m’aidait pas vraiment : j’étais tellement inconfortable dedans! (Ça aussi ça m’a déçue : je m’attendais tellement à ce que ça m’aide!) Alors j’ai dû attendre dans une petite salle d’attente avec des murs en rideaux de papier jusqu’à 9 h du matin… Les jokes que le concierge contait à ses collègues à deux pouces du lit où j’étais (mal) installée n’étaient pas très appréciées, pas plus que les travaux d’aménagement qui faisaient trembler l’immeuble au complet! Mais j’ai beaucoup apprécié que mon chum me tienne à presque chaque contraction : ça aidait beaucoup à passer à travers la douleur! (Un mois auparavant, on avait fait un cours de Ballon Forme, ce qui nous a beaucoup aidés, même si on n’avait pas encore de ballon dans la salle d’attente! Au sujet du Ballon Forme : Ne vous arrêtez pas au look de la madame sur le livre, ce n’est pas représentatif du cours!) Et j’étais suivie par une étudiante sage-femme qui était super sympathique et douce : ça m’a aidée à garder un esprit zen… Vers 8 h, ma médecin est venue me voir pour me dire avec son sourire de métal (broches) et son air d’ado de 15 ans que c’était elle qui allait m’accoucher… Maudite marde! Il faut savoir que j’ai détesté la médecin qui m’a suivie pour la grossesse : elle me faisait toujours sentir comme si j’étais une épaisse! Mais comme j’avais 1 « chance » sur 10 que ce soit elle qui m’accouche, j’ai continué le suivi avec elle en espérant qu’elle ne soit pas là à mon accouchement… Mauvaise idée! J’aurais dû suivre la suggestion de mon accompagnante, qui m’avait parlé de la possibilité de changer de médecin…

À 9 h, le travail était définitivement avancé, alors j’ai enfin eu ma chambre à moi! J’ai eu le temps d’appeler Valéry et elle est arrivée quelques minutes avant que j’aie accès à ma chambre (à LaSalle, toutes les parturientes ont leur propre chambre, et ce, pendant toute la durée de leur séjour). On a essayé le gros ballon (Ballon Forme), des massages, la bouillotte, et retour dans un bain tourbillon (toujours aussi peu confortable). J’ai mis ma musique, et je me rappelle avoir dansé un peu! C’était somme toute assez agréable pour que je danse! Pas si mal… Après être sortie du bain, je n’ai pas beaucoup de souvenirs précis. D’ailleurs, je peux dire que pendant presque tout l’accouchement, avant la poussée, les endorphines ont bien fait leur travail! Je faisais une espèce de son grave avec ma gorge (un peu comme font certains moines tibétains). Mon accompagnante, voyant que ça m’aidait beaucoup, m’encourageait à faire ce son le plus longtemps possible en faisant la même chose que moi… et mon chum suivait aussi! On avait l’air d’une belle gang de fous, mais ça m’a vraiment BEAUCOUP aidée!

Vers 13h15, je commençais à faiblir parce que je n’avais pas mangé depuis la soirée précédente : j’étais un peu trop blême et amorphe! Mais j’avais trop mal au cœur à ce moment-là pour manger. Mon chum m’a demandé si ce ne serait pas mieux que je prenne la péridurale finalement. (Pauvre petit, il s’inquiétait pour moi : j’avais vraiment mauvaise mine et il avait beaucoup de mal à me voir souffrir comme ça.) J’ai hésité un moment, puis j’ai dit que si le travail n’avançait pas dans la prochaine heure, je la prendrais probablement. J’ai essayé de manger des cachous et des morceaux d’ananas, mais ça me donnait mal au cœur… Je sentais que ça poussait un peu dans les fesses, alors je me suis placée de côté (sur mon côté gauche) avec une patte dans les airs. Étrangement, j’étais bien comme ça.

Vers 14 h, une infirmière a vérifié la dilatation et a constaté que j’étais rendue à 8 cm! (Je ne m’en rappelle pas, mais mon chum m’a dit qu’à ce moment-là, plein de monde sont soudainement entrés dans la salle avec de l’équipement et se sont activés, et il s’est dit « OK, c’est maintenant que ça se passe! ») Et c’est là que ma doc au sourire de métal est revenue… Et elle m’a ordonné de me mettre sur le dos! J’ai sursauté et puis j’ai dit que je me sentais bien comme ça, mais elle a réitéré son ordre comme si on était dans l’armée… Mon accompagnante a protesté, mais ma doc me tirait déjà sur la jambe pour me faire tourner. Je remercie mon accompagnante d’avoir été ma voix dans une période où j’étais aussi vulnérable! J’ai eu l’impression que j’avais quelqu’un de mon bord; ça m’a fait du bien. Je me suis quand même tournée, avec réticence… Je croyais qu’on n’obligeait plus les femmes à accoucher sur le dos, que cette époque était révolue… Ma doc nous a ignorées et elle a donné d’autres ordres aux infirmières.

Ensuite, ça m’a pris un bon bout de temps avant de comprendre comment pousser! Je continuais à subir les contractions comme je le faisais depuis si longtemps, et je n’arrivais pas à pousser comme on me le demandait! Suivre des instructions, pendant une période aussi intense… Quand j’ai finalement compris ce qu’on me demandait de faire, le personnel médical a vu le bout de la tête plusieurs fois avant qu’il y ait du progrès. Pendant tout ce temps-là, ma doc parlait au cellulaire et regardait sa pagette… À la 15e fois où j’ai entendu qu’on « voyait le bout de la tête », je ne les croyais plus du tout! Je me disais « Ouains ouains, c’est ça… Me semble! ». C’est à peu près là que ma doc a décidé de me faire un « massage » du périnée… Et quand je dis « massage », j’utilise le mot qu’elle a utilisé parce que moi je dirais plutôt qu’elle a planté son doigt où ça faisait mal et qu’elle a étiré de la façon la plus raide possible jusqu’à ce que je lui hurle d’arrêter de me torturer! Même mon accompagnante et les infirmières avaient l’air de trouver qu’elle y allait fort! Ensuite, j’ai poussé et poussé et poussé, et ça a fait TELLEMENT mal, mais j’ai finalement accouché de ma magnifique petite Poupinette, à 14 h 49… Quand ils l’ont mise sur moi, j’étais comme hypnotisée! Et c’est là que j’ai commencé à découvrir l’amour parental… On a commencé à s’apprivoiser! C’était doux et intense à la fois… Totalement indescriptible!

Finalement, malgré ma doc que j’ai détestée, ça a vraiment été un bel accouchement! Je me trouve chanceuse d’avoir eu une expérience aussi positive, malgré tout. 🙂

Revisiter

Il y a une phrase qui me revient souvent ces temps-ci :

Avoir un ou des enfants, c’est (entre autres) revisiter sa relation avec ses propres parents, qu’on le veuille ou non.

Je ne sais pas si c’est vrai pour tout le monde, mais j’ai l’impression que oui, d’une façon ou d’une autre.

Voilà, c’est tout ce que je voulais dire. Qu’en pensez-vous?

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Encore – 2/2

Voici la suite de mon billet sur la dépression. Je comprends tout à fait que ce n’est pas un sujet très attirant pour la plupart des gens, mais j’espère quand même que ces billets pourront servir à quelqu’un qui se pose ce genre de question.

1- Comment savoir si je fais une dépression post-partum? Ooooh toute une question! Mais je comprends tellement les femmes (et les hommes!) qui me la posent : c’est extrêmement difficile à évaluer. J’en avais déjà parlé ici. Personnellement, j’ai trouvé la vie avec un nouveau-né assez brutale. Le manque de sommeil écrasant, les cris presque constants, l’impression de n’avoir absolument aucune idée de ce que je fais alors que j’ai une vie humaine à ma charge, le tourbillon du quotidien, les besoins énormes du bébé (boire à toutes les heures, anyone?), le corps de la femme qui essaie de se rétablir de l’accouchement, et j’en passe… Tout ça pour dire que j’ai trouvé ça… brutal, c’est le seul mot qui me vient. (Ceci dit, il y a des parents qui vivent ça de façon beaucoup plus facile, et la plupart des parents trouvent ça intense, mais pas brutal, et c’est tant mieux!) Étant donné que c’est une période, disons, très intense, c’est donc vraiment difficile, à ce moment-là, de savoir si on est vraiment « anormal/e », parce qu’on est en plein processus d’adaptation à sa nouvelle vie (et même pour les mamans de plus d’un enfant, j’imagine qu’il y a une adaptation!). Je n’ai malheureusement pas de réponse one-size-fits-all à cette réponse… je n’ai probablement même pas de réponse tout court à cette question! Ça dépend vraiment de la personne. J’ai l’impression que le fait d’écrire comment on se sent chaque jour et de consigner tous les moments difficiles par écrit pendant une période déterminée pourrait aider à avoir une idée plus globale de son propre état. Plusieurs sources indiquent que si les symptômes durent plus de deux semaines (ici et ici), il est recommandé de consulter un professionnel de la santé : un/e psychologue, un/e travailleur/se social/e, un/e psychiatre (si possible! pas facile à trouver…) et/ou un médecin. Ça ne veut pas dire que vous faites nécessairement une dépression si ça dure plus de deux semaines. Mais si vous en faites une, c’est vraiment mieux que vous ayez un suivi professionnel rapidement, alors mieux vaut documenter votre état, pour avoir une vue d’ensemble de la chose, autant que possible.

2- Est-ce que c’est possible de faire une dépression pendant la grossesse? Oui! C’est ce que j’ai fait : une dépression périnatale. Ma dépression a commencé vers mon septième mois de grossesse, mais elle n’a été diagnostiquée qu’au quatrième mois post-partum. Malheureusement, historiquement, les médecins ont longtemps cru que ce n’était pas possible de faire une dépression pendant la grossesse… Et cette croyance est encore assez bien ancrée! Le fameux « toute femme enceinte est heureuse car elle donne la vie » est souvent sous-entendu. C’est faux. En fait, « [v]ers la fin des années 70 et au cours des années 80, les chercheurs ont découvert que bon nombre des femmes dépressives après la naissance de leur enfant l’étaient également pendant leur grossesse. » Si la déprime, la tristesse ou l’anxiété prend beaucoup de place pendant votre grossesse, parlez-en au médecin qui fait votre suivi. Il est censé s’occuper de votre santé de façon globale, ce qui comprend aussi votre santé mentale! Et n’hésitez pas à changer de médecin si vous n’obtenez pas de réponses ou que vous n’êtes pas satisfaite. En comparaison avec les médecins de famille, c’est plus facile de trouver un médecin qui fait des suivis de grossesse (j’aurais aimé savoir ça avant!).

3- Mais je ne fais probablement pas une dépression, vu que je ne pleure pas sans arrêt et que j’aime mon bébé? La dépression a de multiples visages. Moi, ce n’est pas la tristesse ou la déprime qui m’a frappée le plus souvent pendant ma dépression, c’est la rage. J’étais constamment enragée, et je n’arrivais pas à me contrôler. C’est comme si toutes mes émotions ne passaient plus que par un canal : la colère. Et je ne l’aurais pas admis, mais j’étais aussi extrêmement anxieuse. Ça, c’est MON histoire. C’est juste pour illustrer que le stéréotype de la femme prostrée, il n’est pas faux, mais si tu ne te reconnais pas dans ce portrait, ça ne veut pas nécessairement dire que tu ne fais pas une dépression. Comme disait une amie, les comportements qui s’écartent beaucoup de ce que vous êtes habituellement peuvent dénoter une dépression (ou un autre problème de santé mentale). Pour ce qui est d’aimer son bébé, ça n’a rien à voir avec l’amour qu’on porte à notre enfant. Ce n’est pas parce qu’on fait une dépression qu’on aime moins son enfant (ou ses enfants). Il peut y avoir un certain détachement, une perte d’intérêt, des difficultés d’attachement, des sentiments qui prennent beaucoup de place… Mais l’amour est toujours là. Il faut vous remettre sur pied pour être en mesure d’exprimer tout l’amour que vous portez à votre ou à vos enfants. C’est primordial.

Prenez soin de vous, les femmes…. Et les hommes aussi. Oui, c’est possible pour un homme de faire une dépression post-partum.

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Thanksgiving – Action de grâces

J’ai découvert récemment un blogue anglophone sur la maternité que j’aime beaucoup : Figuring Out Home. L’auteure a une série qui s’appelle Tell a Mom Tuesday : je trouve que c’est tellement une bonne idée! Elle a fait une édition pour Thanksgiving, et j’ai eu envie de faire comme elle, soit de remercier les mères autour de moi en cette Action de grâces américaine (totalement en retard). Je n’ai pas beaucoup de mères dans mon entourage, mais voici tout de même ma liste!

– Merci à ma propre maman, qui est venue m’aider tellement souvent et qui reçoit des fois mes anxiétés et mes émotions négatives en pleine figure. J’apprend beaucoup grâce à toi parce que tu sais comment me montrer des choses sans me faire sentir comme si je faisais toutte tout croche!

– Merci Marie-Noëlle de m’avoir permis d’échanger au sujet de la maternité, qu’on vivait en même temps. Juste le fait de sortir de la maison, de te voir et de pouvoir parler librement, ça m’a fait beaucoup de bien. T’es comme ma buddy de maternité! Merci d’être là!

– Merci Eve pour ta grande générosité et ton ouverture d’esprit. Tu as été une des premières personnes à qui j’ai osé donner des conseils, et comme tu le sais déjà, je m’en veux encore! 😉 Merci pour ta patience…

– Merci Julie de m’avoir accueillie chez toi plusieurs fois et d’avoir partagé avec moi ta réalité avec tes magnifiques monsters! Ça me fait du bien de te côtoyer 🙂

– Merci Marie-Christine pour ta proposition de commencer un projet au sujet de l’histoire de l’allaitement, ce qui a donné lieu à une amitié qui me fait du bien. Ton écoute, ta gentillesse et ton intelligence me flabbergastent chaque fois que je te vois!

– Merci Nastassia de me comprendre aussi aisément et de me permettre de progresser avec mes questions existentielles. Tu es une présence salvatrice dans ma vie. Je t’admire!

– Merci Mymy pour ta patience et de m’avoir permis de revisiter mon expérience de façon plus positive.

– Merci Joana pour ton écoute attentive et tes conseils toujours right on. Tu es une des rares personnes qui peuvent donner des conseils sans que ça fasse de tort! C’est précieux!

– Merci Amélie pour ton empathie et ta sollicitude.

– Merci Emilie de m’avoir invitée à la Ronde. C’est une journée qui reste gravée dans ma mémoire, un beau souvenir! Et merci de ta présence rassurante en ligne : tu m’as fait du bien!

– Merci Corinne d’avoir partagé ton histoire avec moi. Ça m’a tellement fait du bien de pouvoir parler de mon histoire de tire-allaitement avec quelqu’un qui comprenait ce que je vivais! Et en plus, tu es quelqu’un de super attachant, avec un sens de l’humour extraordinaire!

– Merci à mes collègues-mamans qui ont eu à répondre à mes questions paniquées sur la conciliation travail-famille et sur le congé parental! Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans vous!

– Merci aux Super hot mamans de juin 2012 : Comme je n’avais aucun réseau ni aucune amie qui était déjà mère, j’ai vraiment beaucoup apprécié de partager avec vous ces deux dernières années, et j’apprécie encore énormément nos échanges!

– Merci Typhaine pour ta plume et ton authenticité si touchantes. Merci aussi pour ta patience à l’égard de mes gros sabots…

– Thank you Megan for your project on a subject that I find so interesting, and for your blog that helps me remind myself that positive things don’t have to be corny!

– Thank you Longest Shortest Time Mamas for your very toughtful support.

J’ai sûrement oublié des mères que j’aurais aimé remercier, mais bon, ces temps-ci, j’ai une mémoire de moineau!

Je voudrais ajouter à cette liste des personnes qui ne sont pas mamans, mais que je tiens à remercier quand même :

– Merci Papa pour ton écoute et tes conseils. Je ne les mets pas toujours en pratique, mais des fois ça me prend un peu de temps pour les intégrer. J’apprécie énormément le temps que tu passes avec moi.

– Merci Sébastien pour ta patience incroyable et ton amour enveloppant. Tu es la lumière de ma vie.

– Merci Naïma pour l’aide que tu m’apportes régulièrement. Je me répète, mais si tu n’avais pas été là cette journée-là de janvier, je ne serais plus là. Tu m’as sauvé la vie tellement de fois que je me demande si je ne devrais pas partir une religion avec toi comme déesse… Hihihi! Merci pour ton écoute, ta persévérance, ta patience et ta sagesse.

– Merci Maëlle et merci David pour vos œuvres. Vous avez contribué à mettre de la beauté et de l’art dans ma vie, et je l’apprécie énormément.

– Merci Simon pour ton point de vue original de la paternité/parentalité et de tout ce qui vient avec. Ça fait du bien de te lire : ton point de vue est vraiment rafraîchissant!

Give Thanks

Encore – 1/2

Tout d’abord, je tiens à préciser que ce billet est le premier de deux billets dans lesquels j’aborderai ENCORE la dépression. Désolée pour les personnes qui sont tannées d’en entendre parler, mais c’est un sujet qui m’obsède, et comme j’en parle beaucoup et que c’est un peu tabou, je reçois souvent des questions à ce sujet. J’ai décidé d’écrire brièvement sur les questions que j’ai reçues et sur les renseignements que je dois souvent clarifier. Je comprends tout à fait que ce n’est pas un sujet très attirant pour la plupart des gens (euphémiiiisme! on dirait presque que certaines personnes croient que c’est contagieux…), mais j’espère quand même que ces billets pourront servir à quelqu’un qui se pose ce genre de question ou qui se fait asséner ce genre de commentaire.

1- Quand on fait une dépression, on n’a qu’à prendre des médicaments, et hop, le tour est joué! Ce serait le fun que ce soit aussi simple, hein? Moi aussi, j’aimerais ça. Mais non, en général, la solution ne se limite pas à des médicaments. Dans mon cas, les antidépresseurs, ils prenaient six semaines à faire effet. Après six semaines, je ne me sentais pas mieux : il a fallu augmenter la dose. Une autre attente de six semaines. Finalement, il a fallu changer de médicament. Ça a été interminable, et quand t’es en train de dégringoler, chaque heure est douloureuse. Si je n’avais pas eu ma psychologue et mon entourage, je n’aurais pas survécu. Et oui, les médicaments m’ont beaucoup aidée (je tiens à le souligner, parce que l’idée, ce n’est pas de vous faire peur!), mais ils n’ont pas réglé le problème en tant que tel. Ils m’ont permis de me relever, mais ils ne m’ont pas empêchée de retomber. Et le corps s’habitue aux antidépresseurs, alors il y a des rechutes. J’ai travaillé pas mal fort sur moi-même pour essayer de comprendre ce qui m’était arrivé et m’assurer que je ne retomberais pas dans mes patterns. Je ne sais pas si j’ai réussi. Ça, seul l’avenir le dira, mais j’essaie de m’améliorer. Fort.

2- L’allaitement réduit les risques de dépression. Aaaah l’allaitement. Un autre sujet délicat. Je dirais que si ton expérience d’allaitement va (relativement) bien, oui, il y a des chances que tu aies une protection supplémentaire contre la dépression. Ça ne veut pas dire que tu es assurée de ne pas en faire une, par contre! Selon moi, le problème avec cette affirmation, c’est que bien des femmes ont des difficultés avec l’allaitement. Et les femmes qui veulent allaiter mais n’y arrivent pas ont droit au double de risques de faire une dépression. Tout ça, ça ne veut pas dire qu’il faut ou qu’il ne faut pas allaiter. Ça veut surtout dire qu’il faut s’occuper des femmes qui ont essayé d’allaiter, mais qui n’ont pas pu. Si vous en connaissez une et qu’elle semble vouloir en parler, je vous invite à lui demander de vous raconter son histoire. Ça pourrait lui faire du bien.

3- Tu as un beau petit bébé en santé, un chum présent, un congé de maternité d’un an, etc. : profites-en! Cette phrase part d’une incompréhension de ce que c’est, la dépression. Et dans le fond, c’est un peu normal, l’incompréhension : tant que tu ne l’as pas vécue, la dépression, c’est vraiment difficile à comprendre. (Et même quand tu l’as vécue, ça ne veut pas dire que tu vas comprendre toutes les situations d’autrui!) Personnellement, j’avais une situation considérée comme idéale par plusieurs (de mon point de vue, pas nécessairement idéale, mais très avantageuse, certainement). Je n’avais « pas de raison » de faire une dépression. Mais c’est ça l’affaire, avec la dépression : il n’y a pas réellement de raison d’en faire une. Ce ne sont pas des émotions « motivées » par une raison  circonstancielle (deuil, séparation, maladie, difficultés financières, trop de travail, etc.), tel qu’on le voit habituellement. C’est ton cerveau qui se détraque. Attention : je ne veux pas dire par là qu’il n’y a pas de problèmes sous-jacents à régler! Par exemple, dans mon cas, il y a une estime de soi à remonter et une meilleure image de moi comme mère à construire, parmi mes multiples problèmes à régler. Mais à la base, la dépression, ça ne se guérit pas à coup de « Je suis tellement chanceuse ». Un des problèmes avec cette maladie, c’est justement qu’on pourrait avoir une situation parfaite, et qu’on ne serait même pas capable d’en profiter! Ce n’est pas la même chose que la « déprime ordinaire » que tout le monde connaît, même si ça peut y ressembler beaucoup. La dépression, c’est une maladie bien réelle, assez difficile à diagnostiquer (selon moi!) et qui fait des ravages. En premier lieu, l’écoute et l’indulgence sont de mise. Si vous ne vous sentez pas à l’aise d’écouter, ce n’est pas grave, mais de grâce, évitez de sous-entendre que la personne n’a qu’à se reprendre en main. Oui, ça se peut que la personne ait effectivement à se « reprendre en main », mais c’est une des choses les plus difficiles qu’elle aura à faire, alors ça n’avance à rien de prétendre que c’est facile. Ce n’est pas aussi simple que pour une déprime passagère. La personne a besoin de soutien. Lui rappeler les éléments positifs de sa vie peut être une bonne idée, mais selon moi, l’écoute devrait passer avant. Et le soutien par de l’aide concrète peut être une excellente idée aussi.

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Citations – L’album multicolore

La première fois que j’ai eu envie de lire L’album multicolore, de Louise Dupré, c’était en écoutant une conversation avec l’auteure sur le sujet de la mère. Mais c’est vraiment les citations sélectionnées que j’ai découvertes sur le blogue Le marcassin envolé (ici et ici) qui m’ont donné envie de lire ce livre. Comme la mère de l’auteure est le sujet principal de ce livre, la maternité est un sujet qui revient souvent. J’ai envie de partager avec vous des citations que j’ai aimées. Il faut savoir que c’est un livre où l’auteure explore le deuil de sa propre mère, d’une façon tellement personnelle et universelle… Et avec une écriture simple et touchante. J’ai adoré!

« Elle s’assoit dans le lit, au milieu de nous. Nous sentons le savon parfumé, les draps séchés au soleil, les pyjamas propres. C’est samedi, le soir du bain. Elle a fait chauffer le poêle à bois, pour avoir de l’eau bien chaude, et elle nous a lavés à tour de rôle dans la baignoire. Nous serons propres pour la messe du dimanche. À la maison, il y a des jours pour chacune des activités. Le lundi, c’est le lavage; le mardi, le repassage; le mercredi et le jeudi, la couture et, quand c’est nécessaire, les courses. Le vendredi, après le marché, c’est le ménage. Le samedi, tout le monde prend son bain. Et le dimanche, après la messe, ma mère fait seulement la cuisine. Mais, tous les soirs, elle nous lit une histoire. »

« Toute souriante, elle m’apporte le nouveau catalogue d’Eaton, celui du printemps. Le facteur vient de le livrer. Ce soir, en prenant son thé, elle va le feuilleter, puis noter les idées pour les vêtements qu’elle nous confectionnera. […] Moi, je vais passer des heures à regarder chaque page. Je trouve les femmes belles, bien habillées, bien coiffées. Les tables sont toujours parfaites, aucune tache sur les nappes, aucune assiette dépareillée. Et les canapés sont à la mode. Plus tard, moi aussi j’aurai une maison comme celles-là. Et un mari aussi élégant qu’un mannequin. Et des enfants propres, même après avoir joué dehors toute la journée.

Ma mère, elle, ne rêve plus, elle se contente de la vie qu’elle a, les verres de lait répandus, le tablier avec des traces de sauce, la vieille vaisselle, nos pantalons tachés d’herbe et de boue le soir. Elle ne nous dispute pas, elle répète souvent une phrase que disait mon grand-père, On ne peut pas accrocher les enfants sur les murs. Quand même, moi j’ai de l’ambition, j’essaierai de faire mieux qu’elle, c’est si beau dans le catalogue d’Eaton. C’est comme à la télévision dans Papa a raison. »

(Petite note personnelle : Je me reconnais beaucoup là-dedans. Moi aussi, j’ai dans la tête cette mère parfaite avec une maison parfaite, cet idéal que je ne peux pas atteindre parce qu’il n’existe pas.)

« […] il est plus facile de s’habituer aux médias sociaux que de transformer le rapport mère-fille. »

« Octavie, la mère de mon grand-père, avait eu dix-sept enfants en seize ans. Sans aucun couple de jumeaux. Quand le curé avait demandé à mon arrière-grand-mère si elle avait eu peur de la mort, au moment des derniers sacrements, elle avait répondu, La mort, Monsieur le curé, je l’ai vue dix-sept fois. Ma mère disait d’un ton pensif, Les accouchements à l’époque, tu sais. Pas d’échographies, pas d’épidurale, aucun soulagement. Et beaucoup d’enfants n’atteindraient pas les six ans.

[…]

Tu accoucheras dans la douleur, répétait le curé en chaire le dimanche, de la même voix qu’il disait, Tu ne tueras pas. Les hommes devaient être terrifiés par la souffrance des parturientes pour en arriver à attribuer un tel commandement à leur Dieu. Il fallait que ce soit une punition. »

« « Pleurer sa mère, c’est pleurer son enfance », écrit Albert Cohen. »

« Blesser ma mère, voilà justement ce que je ne voulais pas. Sa mort serait une libération pour moi, je l’ai pensé. À tort. Même morte, elle reste ma mère, elle sera ma mère pour l’éternité. »

« Si nous devions la décrire à tour de rôle, nous en ferions tous des portraits différents. Mes frères et moi, nous venons du même ventre, mais nous n’avons pas la même mère. Une seule femme en trois personnes, c’est le mystère de la maternité. »

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Citation – Il n’y a pas de parent parfait

Je viens de terminer la lecture du livre Il n’y a pas de parent parfait, d’Isabelle Filliozat. Je ne vous le recommande pas nécessairement, parce que je trouve qu’il s’applique beaucoup à la réalité de la France et que je ne suis pas nécessairement d’accord avec tout ce que l’auteure préconise. Mais je tenais quand même à partager une citation de ce livre qui m’a fait du bien. Elle aborde le thème de la culpabilité, dont j’ai déjà parlé ici et ici. Je trouve que c’est un sujet important, car ce sentiment semble paralyser bien des mères, moi y compris!

« Pour ne plus culpabiliser[…]

Nous l’avons vu, le sentiment de culpabilité nous centre sur nous-même et nous empêche souvent de résoudre les problèmes. Il est un frein à la relation et un poids inutile sur nos épaules. De deux choses l’une, soit nous sommes coupable, auquel cas, il s’agit de prendre nos responsabilités et de réparer, soit nous ne le sommes pas, le sentiment de culpabilité est donc malvenu.

On peut éprouver un sentiment de culpabilité par rapport à un acte que nous avons posé ou une conséquence sur autrui d’une de nos attitudes. En revanche, quand le sentiment de culpabilité est global « Je suis une mauvaise mère, j’ai tout raté », il ne parle pas de la relation à l’enfant, mais d’un jugement qui nous vient plus probablement de notre propre enfance. […]

Par rapport à un acte, une conséquence, vérifions honnêtement la réalité de notre culpabilité. En effet, la plupart du temps, nous avons tendance à éprouver des sentiments de culpabilité dans des situations sur lesquelles nous n’avons aucun pouvoir. C’est souvent ce manque de pouvoir même qui déclenche abusivement le sentiment de culpabilité. La victime se sent souvent coupable au contraire du vrai coupable.

Le sentiment de culpabilité nous retient de blesser autrui et en ce sens il est utile et constructif. Il ne s’agit donc pas de le gommer totalement. Nous nous attaquons ici au sentiment purement destructif de l’image de soi et des relations.

  • A) Je suis réellement totalement responsable
  • B) Je suis partiellement responsable
  • C) Je ne suis pas responsable du tout

Selon ce que j’ai coché :

A) J’accueille, voire je favorise et j’écoute la colère de mon enfant, puis je répare.

B) Je fais la part des responsabilités, j’assume toute la mienne et rien que la mienne. Je ne protège pas l’autre parent ou qui que ce soit. Se sentir coupable est parfois une manière de porter à la place de quelqu’un d’autre…

C) J’identifie la perte ou la blessure subie, l’humiliation ou la frustration de mes besoins. Dans cette situation, je ne suis pas sujet, je ne suis pas décisionnaire… Je reconnais mon sentiment de culpabilité comme un retournement contre moi de ma frustration. C’est une tentative inconsciente pour me sentir au contrôle. J’accepte mon sentiment d’impuissance. J’ose sentir les émotions que je réprimais.

Les sentiments de culpabilité éprouvés excessivement sont un bon indice de présence d’émotions de peur, terreur, colère, rage, dégoût… encore refoulées en soi. Au fur et à mesure du travail sur soi et des progrès dans la conscience de soi, ils diminuent au profit de la responsabilité et du sentiment d’avoir du pouvoir sur sa propre vie. »

Je ne suis pas certaine que ses trois options s’appliquent à tout dans la vie, mais je trouve que c’est très utile quand même!

9782709625845-G